Une résolution adoptée récemment par le Parlement européen interpelle vivement le régime issu du changement de pouvoir de septembre 2022 au Burkina Faso. Les eurodéputés y expriment leurs inquiétudes quant à l’évolution des droits fondamentaux et à la liberté d’expression dans le pays. En réponse, les autorités de Ouagadougou ont préféré une posture de défiance plutôt que de transparence, en convoquant le représentant de l’Union européenne pour lui signifier leur désapprobation.
Pourtant, une stratégie alternative, plus constructive, aurait pu être envisagée. Si les dirigeants burkinabè estiment que leur action a permis une stabilisation remarquable du territoire et une progression économique significative sous la direction du capitaine Ibrahim Traoré, pourquoi ne pas avoir invité des parlementaires européens à se rendre sur place ? Une telle initiative aurait permis de présenter des preuves concrètes de ces avancées, plutôt que de se contenter de contestations diplomatiques.
Cette approche aurait pu offrir des éléments tangibles pour alimenter le débat et répondre aux interrogations par des réalités observables, plutôt que par des réactions défensives. Malgré les annonces officielles mettant en avant la reprise en main du territoire et les initiatives de développement, plusieurs instances internationales persistent à alerter sur les menaces sécuritaires persistantes dans certaines zones, ainsi que sur les limites imposées aux libertés individuelles et les défis humanitaires toujours prégnants.
Les préoccupations du Parlement européen s’appuient sur des analyses documentées émanant d’organisations onusiennes, de défenseurs des droits humains et d’autres acteurs indépendants. Dans ce cadre, une ouverture totale aux missions d’évaluation internationales aurait pu être le meilleur moyen de démontrer, par des faits irréfutables, les progrès revendiqués par les autorités locales.
Au-delà des tensions diplomatiques, la véritable enjeu réside dans la fiabilité des allégations avancées par le pouvoir : les résultats sécuritaires et économiques mis en avant sont-ils suffisamment robustes pour être validés par des observateurs neutres ? Une visite officielle d’élus européens pourrait apporter des réponses objectives à cette question cruciale.