Togo mise sur sa diplomatie pour renforcer la stabilité au Sahel

Togo mise sur sa diplomatie pour renforcer la stabilité au Sahel

Le Togo a dévoilé sa nouvelle stratégie géopolitique et sécuritaire dédiée au Sahel lors d’un sommet de haut niveau organisé à Lomé ce week-end. Une initiative ambitieuse visant à rétablir le dialogue entre les pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et les membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), tout en impliquant les partenaires internationaux.

Un rôle de médiateur pour le Togo entre le Sahel et la communauté internationale

Ce rassemblement a réuni des représentants de la CEDEAO, de l’AES — composée du Mali, du Niger et du Burkina Faso — ainsi que des émissaires étrangers, notamment de la France et de l’Union européenne. Une occasion pour le Togo de réaffirmer son ambition de jouer un rôle central dans la stabilisation de la région.

L’objectif principal ? Faciliter le dialogue avec les gouvernements du Mali, du Niger et du Burkina Faso, qui ont progressivement rompu leurs liens avec la CEDEAO et leurs alliés occidentaux ces dernières années, privilégiant désormais des partenariats avec la Russie.

Une stratégie en cinq axes pour le Sahel

Le Togo a présenté un plan d’action sur trois ans (2026-2028) structuré autour de cinq piliers majeurs :

  • Le dialogue politique avec l’AES pour désamorcer les tensions et favoriser la coopération ;
  • La coopération régionale et internationale afin de renforcer les alliances stratégiques ;
  • La lutte contre le terrorisme, un enjeu critique face à la montée des groupes armés ;
  • Le renforcement de l’intégration économique régionale pour stimuler la croissance ;
  • La médiation diplomatique pour apaiser les rivalités et promouvoir la paix.

Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a souligné cette volonté : « Le Togo est prêt à mettre son expertise en médiation et sa position régionale au service de la stabilité, en agissant comme un pont entre le Sahel et la communauté internationale. »

L’AES salue l’initiative et se dit ouverte à la coopération

Les représentants de l’Alliance des États du Sahel ont accueilli favorablement cette stratégie, manifestant un vif intérêt pour une collaboration renforcée.

Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a précisé les attentes : « La coopération sécuritaire exige notamment la fin de l’accueil de forces étrangères hostiles, dont les actions visent à déstabiliser ou à saper les États voisins. »

Un contexte marqué par l’insécurité et l’extension des groupes jihadistes

Les trois pays de l’AES font face à une menace terroriste croissante, avec des groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Ces organisations ont déjà causé des milliers de victimes et étendu leur influence vers des États côtiers comme le Bénin et le Togo.

Face à cette situation, la nouvelle approche togolaise se présente comme une solution concrète pour rétablir la sécurité et renforcer la résilience des pays de la région.