Tensions politiques au Sénégal après la nomination d’un gouvernement controversé

tensions politiques au Sénégal après la nomination d’un gouvernement controversé

Malgré l’annonce d’un boycott par le parti de l’ancien premier ministre Ousmane Sonko, plusieurs figures du Pastef figurent dans le nouveau gouvernement nommé par le président Bassirou Diomaye Faye.

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Le président Bassirou Diomaye Faye a dévoilé lundi la composition de son nouveau gouvernement, intégrant certains membres et alliés du parti Pastef, malgré l’opposition affichée par Ousmane Sonko, figure majeure du mouvement. Cette annonce survient dix jours après le limogeage de Sonko, devenu président de l’Assemblée nationale.

Les tensions entre les deux hommes, autrefois alliés indéfectibles dans la campagne présidentielle victorieuse de mars 2024 sous le slogan «Sonko mooy Diomaye», ont atteint leur paroxysme. Après des mois de divergences croissantes, leur rupture s’est officialisée fin mai, plongeant le pays dans une période d’incertitude politique, aggravée par une crise financière persistante.

Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, nouveau premier ministre, a présenté une équipe de 30 ministres marquée par l’absence de plusieurs cadres du Pastef ayant siégé dans l’administration précédente. Ousmane Sonko avait pourtant réitéré son refus de participation via un communiqué publié sur ses réseaux sociaux, soulignant des désaccords persistants sur la place de la majorité dans l’exécutif.

un désaccord persistant

Dans son message, Sonko a détaillé les points de friction : «Ce matin, un long entretien s’est tenu entre le président et moi en tant que président du parti. Des convergences ont été confirmées, mais surtout des désaccords majeurs ont émergé, notamment sur le rôle de la majorité au sein de l’exécutif». Après consultation des instances du parti, de nouvelles propositions ont été soumises au président, sans réponse favorable. Le Pastef a donc décidé de ne pas participer au nouveau gouvernement.

Pourtant, quelques alliés et membres moins médiatisés du parti ont été nommés, comme Moussa Bala Fofana (ministre de l’Urbanisme) ou Yankhoba Diémé (ministre des Forces armées). Plusieurs ministres de l’ancien gouvernement ont été reconduits, dont Cheikh Diba (Finances), Moustapha Mamba Guirassy (Éducation) et Cheikh Tidiane Dièye (Assainissement).

Le président Faye a insisté sur l’importance de placer la patrie au-dessus des considérations partisanes : «Un homme d’État doit toujours veiller à ce que la République prime sur toute autre considération». La composition du gouvernement a été finalisée après des consultations avec les parties prenantes, dont le chef du Pastef.

la rupture entre anciens compagnons de route

Cette nomination marque un tournant après la séparation entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, qui avaient partagé une longue histoire politique et remporté ensemble l’élection présidentielle. Les tensions étaient apparues dès juillet 2025, lorsque l’ancien premier ministre avait critiqué une «déficience d’autorité» dans le pays. En mai 2026, le président avait dénoncé la «capture excessive du parti par une seule personne».

Empêché de se présenter à la présidentielle en raison d’une condamnation, Sonko avait soutenu la candidature de Faye, son bras droit. Pourtant, des divergences se sont installées entre eux, aboutissant à leur inévitable fracture politique. Sonko, leader incontesté du Pastef et président de l’Assemblée nationale, a depuis été remplacé par Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô au poste de premier ministre.