dette publique du Sénégal : les experts recommandent une stratégie financière audacieuse
Lors d’une conférence tenue à Dakar, des économistes ont alerté sur la dette publique du Sénégal, qui atteint désormais 132 % du produit intérieur brut. Face à cette situation, ils ont proposé une diversification des sources de financement pour alléger la pression sur les finances publiques.
Parmi les solutions avancées, un audit complet de la dette est jugé indispensable. Demba Moussa Dembélé, président de l’Africaine de recherche et de coopération pour l’appui au développement endogène, a insisté sur la nécessité de coopérer avec des partenaires moins contraignants que les institutions multilatérales traditionnelles. Il a notamment cité la Chine comme un acteur potentiel, soulignant que ces partenariats pourraient favoriser une souveraineté financière accrue.
Ali Zafar, conseiller économique du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a partagé une vision similaire en suggérant au Sénégal de s’inspirer de la Turquie. Selon lui, le pays pourrait élargir son réseau de créanciers en engageant des discussions bilatérales avec des pays comme l’Arabie saoudite ou la Chine, afin de bénéficier de leur expertise en matière de gestion de la dette.
renforcer la position du Sénégal face au FMI
Les experts ont également mis en avant la nécessité de renégocier les accords avec le Fonds monétaire international (FMI). Ali Zafar a souligné que le Sénégal doit aborder ces discussions avec des contre-propositions solides pour protéger les secteurs sociaux clés, tels que l’éducation et la santé. Il a critiqué les règles imposées par le FMI, estimant qu’elles ne permettent pas une gestion optimale de la dette.
Selon lui, le pays doit éviter de consacrer toutes ses recettes au remboursement de la dette et ne plus avoir recours à des prêts internationaux pour éponger des créances existantes. Il a conclu en affirmant que l’Afrique doit unir ses forces pour proposer des alternatives crédibles au FMI.
une banque centrale indépendante pour plus de stabilité
Autre piste évoquée : la création d’une banque centrale indépendante, une mesure qui, selon Ali Zafar, permettrait au Sénégal de mieux contrôler sa politique monétaire et d’éviter des situations de crise comme celle actuelle. Il a comparé la situation du Sénégal à celle des pays asiatiques qui, selon lui, n’auraient jamais accepté un tel niveau d’endettement.
Les négociations entre le Sénégal et le FMI se poursuivent, avec des rencontres récentes à Washington impliquant des responsables du ministère des Finances et du Budget. Les autorités sénégalaises continuent d’explorer des solutions pour stabiliser la dette et relancer l’économie.