La Cour suprême du Sénégal évite de trancher sur le siège de Sonko député
Le juge des référés de la Cour suprême s’est prononcé en faveur d’une incompétence juridique pour statuer d’urgence sur la légitimité de la réinstallation d’Ousmane Sonko en tant que député. Selon ses motivations, cette question relève exclusivement des affaires internes de l’institution parlementaire, un domaine où la haute juridiction refuse catégoriquement de s’immiscer. Cette décision survient après la saisine de l’Union nationale des indépendants du Sénégal, qui contestait la procédure ayant permis au président du parti Pastef de récupérer son mandat législatif avant d’accéder à la tête de l’Assemblée nationale.
Cette nouvelle étape judiciaire s’ajoute à une série de rejets précédents. En juin, le Conseil constitutionnel s’était lui aussi déclaré incompétent pour examiner un recours similaire déposé par dix-huit députés de l’opposition. Les juges constitutionnels avaient justifié leur refus en invoquant l’absence de lien direct avec le processus électoral, excluant ainsi toute possibilité d’intervention sur la régularité des scrutins nationaux. Deux instances judiciaires majeures, la Cour suprême et le Conseil constitutionnel, ont donc désormais toutes deux refusé de se prononcer sur le fond de cette contestation.
Réactions vives et accusations de complot politique
L’avocat Amadou Guèye n’a pas manqué de dénoncer cette position de la Cour suprême, la qualifiant de défiance envers l’État de droit et d’obstacle supplémentaire à la stabilité juridique. Ses critiques rejoignent celles de nombreux juristes et figures politiques de l’opposition, qui dénoncent depuis des semaines un vide judiciaire entourant ce dossier. Ousmane Sonko, de son côté, a pointé du doigt un complot politique ourdi par ses détracteurs, qu’il accuse de multiplier les recours dans une logique purement politicienne plutôt que juridique.
Malgré le rejet de la demande d’urgence, l’issue finale de ce contentieux reste suspendue à une décision sur le fond. Une incertitude juridique persiste ainsi, alimentant les tensions entre la majorité parlementaire, acquise à Ousmane Sonko, et une partie de l’opposition. Pour l’heure, aucune des initiatives contentieuses engagées n’a abouti, laissant le pays dans une impasse judiciaire qui prolonge les débats sur la légitimité de son retour au Parlement.