Sénégal : vers un référendum citoyen pour la révision de la constitution

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a exprimé sa volonté de soumettre le projet de révision constitutionnelle à l’arbitrage des citoyens par voie de référendum. Cette décision interviendra si le texte, actuellement sous examen à l’Assemblée nationale, reçoit l’aval des parlementaires. Cette réforme majeure vise principalement à instaurer un nouvel équilibre entre les institutions du pays tout en limitant les pouvoirs de la présidence.

C’est par la voix du ministre de la Justice, Moussa Sarr, que cette orientation a été rendue publique lors d’une séance parlementaire. Le chef de l’État a formellement notifié le président de l’Assemblée nationale de son intention de mobiliser l’article 103 de la Constitution, une disposition qui autorise le recours au suffrage universel pour valider une modification constitutionnelle d’envergure.

Le projet législatif en cours de discussion ambitionne de transformer l’architecture institutionnelle du Sénégal. En renforçant les prérogatives des pouvoirs législatif et judiciaire, le texte propose un partage des compétences plus équitable. Cette mutation structurelle entraînerait mécaniquement une réduction de l’influence de l’exécutif, touchant des domaines traditionnellement réservés au président de la République.

Un climat politique en pleine mutation

Bien que cette réforme soit portée par la majorité parlementaire acquise à la cause du Premier ministre Ousmane Sonko, elle se déploie dans un paysage politique nuancé. Des signes de désaccord sont apparus entre les deux figures de proue de l’exécutif, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, dont l’alliance avait pourtant conduit à une alternance historique lors du scrutin présidentiel de mars 2024.

Le Sénégal prépare un référendum sur une réforme constitutionnelle limitant les pouvoirs du président

En privilégiant la voie référendaire, le président Faye choisit de solliciter directement la souveraineté du peuple sénégalais plutôt que de se contenter d’une adoption par les seuls députés. Cette consultation populaire sera décisive pour valider ou rejeter une réorganisation des institutions présentée comme une étape clé vers une gouvernance renouvelée au Sénégal.