Le Sénégal face à un tournant politique au sein du PASTEF
La Haute Autorité de Régulation du Parti (HARP) de PASTEF-Les Patriotes a lancé, le 15 mai 2026, la procédure officielle d’élection du président du mouvement. Selon la décision n°001/2026/HARP, les candidats ont jusqu’au 20 mai à midi pour déposer leur dossier, une fenêtre de cinq jours strictement encadrée.
Une ouverture inattendue pour le leadership du parti
Contrairement aux attentes, la HARP n’a réservé aucun privilège au président sortant Ousmane Sonko. L’instance a choisi une approche transparente en ouvrant la compétition à tous les courants internes, offrant ainsi à Bassirou Diomaye Faye la possibilité de briguer un nouveau mandat, sans garantie de succès. Cette décision marque un tournant dans la gouvernance du parti, souvent critiqué pour son fonctionnement trop centré sur une seule figure.
Les propos du chef de l’État, qui avait pointé du doigt une « personnalisation excessive » du PASTEF, semblent avoir été entendus. En instaurant un processus électoral structuré, la HARP répond directement à ces préoccupations tout en redéfinissant les règles du jeu politique en interne.
Un scrutin interne pour préparer l’avenir
Interrogé sur les perspectives présidentielles de 2029, Diomaye Faye avait récemment souligné que toute candidature dépendrait des décisions du prochain congrès. La désignation du futur président du parti s’impose donc comme une étape cruciale avant d’aborder la question du candidat officiel pour la présidentielle. Ce scrutin interne, prévu dans un délai serré, déterminera qui portera les couleurs du PASTEF dans les mois à venir.
Les observateurs politiques s’interrogent : cette élection permettra-t-elle de clarifier la ligne stratégique du mouvement ou, au contraire, accentuera-t-elle les divisions internes ? Une chose est sûre, le résultat pourrait influencer bien au-delà des frontières du parti.