Alors que son Premier ministre Ousmane Sonko organisait à Dakar un colloque dédié aux solutions innovantes face aux exigences des institutions financières internationales, le président Bassirou Diomaye Faye a fait savoir, via un communiqué émis depuis Nairobi, qu’il supervisait personnellement les échanges avec le Fonds monétaire international (FMI). Cette démarche vise à résoudre une crise née de la découverte en 2024 de passifs non déclarés par l’administration précédente. Une situation qui a conduit à la suspension d’un programme d’aide de 1,8 milliard de dollars par le FMI.
Pour marquer son engagement, le chef de l’État sénégalais a rencontré Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, lors de l’Africa Forward Summit à Nairobi. Les deux interlocuteurs ont exploré des pistes pour atténuer la pression de la dette publique, qui dépasse désormais 130 % du PIB. Le communiqué de la Présidence indique que Diomaye Faye accorde une priorité absolue à ce dossier et y consacre toute son attention. Les discussions ont également porté sur les répercussions des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, notamment la flambée des prix de l’énergie et ses conséquences sur l’économie nationale.
Les négociations en cours s’inscrivent dans un contexte où le Sénégal cherche à obtenir un nouveau programme de prêts pour soutenir son économie. Rappelons que, l’année dernière, Ousmane Sonko avait fermement rejeté les propositions du FMI, les qualifiant de « mesures inacceptables » et de « honte pour le pays ». Cette position reflétait la volonté du gouvernement de préserver sa souveraineté financière.
Par ailleurs, le FMI a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour le Sénégal, tout en anticipant un déficit du compte courant plus marqué que prévu. Ces ajustements soulignent l’urgence d’une solution durable pour stabiliser les finances publiques et relancer l’activité économique.