Sénégal : la crise politique qui menace de déstabiliser le gouvernement Faye

L’essentiel

  • Limogeage : Ousmane Sonko a été démis de ses fonctions de Premier ministre le 22 mai par le président Bassirou Diomaye Faye
  • Menace : Le 12 juillet à Mbacké, Sonko a annoncé le dépôt d’une motion de censure contre le gouvernement d’Ahmadou Al Aminou Lô
  • Soutiens : Dix des seize maires du département de Mbour ont affiché leur soutien au président Faye le 12 juillet
  • Congrès : Le président Faye organise le congrès fondateur de son propre parti le 8 août à la Dakar Arena

Un discours de rupture à Touba-Mbacké

Le ton est monté d’un cran dans la crise politique sénégalaise. Lors d’un meeting tenu le 12 juillet à Mbacké, Ousmane Sonko, désormais président de l’Assemblée nationale, a multiplié les attaques frontales contre le président Bassirou Diomaye Faye et son gouvernement.

Dans un discours diffusé largement sur les réseaux sociaux dès le lendemain, Sonko a dénoncé ce qu’il qualifie de trahison du projet Pastef et pointé la corruption au sein de l’appareil d’État. La menace est explicite : il évoque le dépôt d’une motion de censure pour faire tomber le gouvernement d’Ahmadou Al Aminou Lô, nommé Premier ministre le 25 mai dernier.

Une rupture consommée depuis mai

Cette offensive s’inscrit dans un divorce politique désormais acté. Le 22 mai, Bassirou Diomaye Faye avait brutalement limogé Ousmane Sonko de la primature, entraînant la dissolution complète du gouvernement.

Trois jours plus tard, Ahmadou Al Aminou Lô prenait les commandes de Matignon. Sonko, lui, a été propulsé à la présidence de l’Assemblée nationale, un poste stratégique mais éloigné de l’action gouvernementale directe.

Des maires basculent dans le camp Faye

Tandis que Sonko multiplie les coups, le président Faye consolide ses appuis sur le terrain. Le 12 juillet, jour même du meeting de Mbacké, dix des seize maires du département de Mbour ont publiquement affiché leur soutien au chef de l’État.

Une bataille sur plusieurs fronts

Au-delà des contrats miniers et pétroliers, Sonko a élargi ses attaques. Il a critiqué la décision des sept Sages du Conseil constitutionnel qui ont invalidé la révision constitutionnelle.

Le ton est celui d’une opposition frontale, alors même que les deux hommes appartiennent théoriquement au même camp.

Contexte au Sénégal

Le Sénégal, pays de 18 millions d’habitants situé à l’extrême ouest de l’Afrique, a connu une alternance historique en mars 2024 avec l’élection de Bassirou Diomaye Faye.

Une motion de censure techniquement possible

La menace de motion de censure n’est pas un coup d’éclat sans fondement juridique. Ousmane Sonko, en tant que président de l’Assemblée nationale, dispose de leviers procéduraux pour initier un tel processus.