La protection du patrimoine documentaire africain franchit une étape décisive avec le lancement d’un cycle de formations spécialisées. Ce programme, centré sur les manuscrits anciens du Mali, s’inscrit dans une démarche globale visant à sécuriser et rendre accessibles des trésors historiques souvent menacés par l’instabilité et les aléas climatiques.
Portée par le Bureau de l’UNESCO au Mali en collaboration avec l’ONG SAVAMA-DCI, cette initiative ambitionne de renforcer l’expertise de plus de 70 participants. Parmi eux figurent des membres de familles détentrices de fonds documentaires, des chercheurs ainsi que des étudiants, tous unis par la volonté de valoriser cet héritage intellectuel inestimable.
Une expertise technique pour la mémoire du Sahel
Les écrits anciens du Mali ne sont pas de simples documents ; ils représentent une source unique de savoirs témoignant de la profondeur historique du continent. Face aux défis sécuritaires contemporains, leur préservation est devenue une priorité absolue pour les acteurs culturels nationaux.
Le programme de formation s’articule autour de deux axes majeurs :
- La prospection et l’identification : Cette phase permet aux agents d’acquérir les méthodes nécessaires pour localiser et répertorier les manuscrits au sein des bibliothèques privées et familiales.
- L’inventaire et la documentation : Les participants apprennent à organiser, décrire et normaliser les informations collectées afin de créer des répertoires structurés et exploitables.
Ces sessions techniques permettent de maîtriser l’intégralité de la chaîne de gestion documentaire. Pour Mamadou Cissé, conseiller technique représentant le ministère en charge de la Culture, le soutien de l’État est total pour garantir le succès de ce projet et mesurer ses impacts concrets sur le terrain.
Transmettre un héritage intellectuel
Ali-Mohamed Sinane, responsable au sein de l’UNESCO, souligne que la sauvegarde de ces manuscrits est intrinsèquement liée à la préservation de l’identité et de l’histoire commune. L’objectif final est de léguer aux générations futures un patrimoine scientifique et culturel d’une valeur inestimable.
À l’issue de ces ateliers, les bénéficiaires seront en mesure de conduire des missions de terrain autonomes, renforçant ainsi les capacités nationales de protection. Ce projet, qui bénéficie également du soutien du Gouvernement du Japon, se poursuivra dans les mois à venir avec des modules dédiés à la traduction et à l’édition critique, marquant une avancée significative pour la reconnaissance mondiale du patrimoine malien.