retour de Macky Sall à Dakar : une polémique qui secoue le Sénégal
Le retour de l’ancien président Macky Sall au Sénégal, prévu pour ce vendredi 17 juillet afin de s’entretenir avec le président Bassirou Diomaye Faye, attise les tensions politiques. Pour la première fois depuis son départ du pouvoir en avril 2024, Macky Sall foule à nouveau le sol dakarois, alors que les accusations de répression des manifestations entre 2021 et 2024 refont surface.
Dès hier, jeudi 16 juillet, des collectifs de citoyens ont dénoncé avec véhémence cette visite, la qualifiant d’« indécente ». Boubacar Sèye, porte-parole d’un mouvement exigeant justice pour les victimes, a martelé : « Nous exigeons que la vérité éclate et que les responsabilités soient assumées ». Selon lui, le retour de Macky Sall symbolise « le retour d’un homme dont le mandat restera associé à l’une des pages les plus sombres de l’histoire récente », marquée par « des dizaines de morts ».
une rencontre qui divise la classe politique
La polémique s’étend au-delà des rues dakaroises. Guy Marius Sagna, député de la majorité présidentielle, a lui aussi fustigé cette rencontre. « Accueillir Macky Sall revient à insulter les familles des victimes et les détenus politiques. C’est tout simplement indécent », a-t-il lancé avec fermeté.
À l’opposé, l’Alliance pour la République (APR), parti de l’ancien chef de l’État, a appelé ses soutiens à organiser un accueil triomphal pour Macky Sall. Des rassemblements de soutien sont d’ores et déjà prévus pour aujourd’hui et demain. Sur les réseaux sociaux, Macky Sall a précisé qu’il quitterait le Sénégal « aussitôt » après son entretien avec Bassirou Diomaye Faye.
une candidature à l’ONU dans l’ombre
Cette visite survient alors que Macky Sall brigue le poste de secrétaire général des Nations unies. Sa candidature, soutenue par le Burundi — actuellement président tournant de l’Union africaine — et non par le Sénégal, ajoute une dimension supplémentaire à ce retour controversé.
Côté officiel, la présidence sénégalaise est restée silencieuse. Le ministre des Forces armées, Yankhoba Diémé, a simplement rappelé que « Macky Sall n’est l’objet d’aucune accusation, de poursuite ou de condamnation », soulignant que sa venue relevait d’un « retour normal et ordinaire » dans son pays.