Le Président français a accueilli son homologue mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, pour une visite officielle au Palais de l’Élysée, ce mercredi.
À moins d’un mois du sommet Africa Forward prévu à Nairobi les 11 et 12 mai, cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de renforcement des relations politiques, économiques et culturelles entre la France et la Mauritanie.
À son arrivée, les deux chefs d’État ont échangé avec la presse avant d’entamer des discussions bilatérales.
Revoir la déclaration conjointe :
Seul le prononcé fait foi
Déclaration conjointe à l’issue de la visite d’État de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani
Mesdames et Messieurs, chers amis,
Merci d’être présents aujourd’hui.
Monsieur le Président, cher ami,
La France est fière de vous recevoir à Paris pour cette visite d’État. Votre présence envoie un message fort : celui d’une amitié sincère, d’une confiance partagée et d’une lucidité face aux mutations du monde. Une telle rencontre, inédite depuis plus de trois décennies, intervient à un moment où nos responsabilités communes n’ont jamais été aussi cruciales.
La Mauritanie occupe une place centrale dans la stratégie française. Son positionnement géographique, entre le monde arabe et l’Afrique subsaharienne, en fait un partenaire incontournable. Mais c’est surtout par ses engagements en faveur de la stabilité, du dialogue et de la souveraineté que votre pays se distingue. Dans une région sahélienne sous tension, la Mauritanie incarne une voie alternative, alliant indépendance stratégique et responsabilité collective.
En ces temps marqués par les rapports de force et les remises en cause du multilatéralisme, la Mauritanie et la France défendent un modèle fondé sur les règles, la coopération et le respect mutuel. Votre voix compte, que ce soit en Afrique, dans le monde arabe, en Europe ou au sein de la francophonie. Nous partageons des convictions fortes sur les défis mondiaux : climat, préservation des océans, sécurité alimentaire, ou encore la nécessité de rééquilibrer les relations économiques pour donner à l’Afrique la place qui lui revient.
Cette relation doit désormais se traduire en actions concrètes. La Mauritanie est un terre d’opportunités où nos entreprises investissent déjà massivement. Meridiam, par exemple, a injecté 155 millions d’euros dans le terminal conteneur du port de Nouakchott, générant près de 350 emplois locaux. Près de 40 entreprises françaises emploient déjà plus de 2 000 Mauritaniennes et Mauritaniens. Mais nous visons plus : une collaboration accélérée et structurée dans les infrastructures, l’énergie, l’eau, l’agriculture et les villes de demain. Un projet mené par Razel-Bec, soutenu par un prêt du Trésor français, vise à augmenter de 50 % les capacités d’approvisionnement en eau de Nouakchott. Par ailleurs, l’hybridation de dix centrales thermiques, financée à hauteur de 40 millions d’euros, renforcera la résilience du système électrique mauritanien.
Alors que certains partenaires se replient, la France réaffirme son engagement solidaire. Malgré la fermeture d’agences de coopération par d’autres acteurs ces dernières années, nous avons doublé notre portefeuille de projets, notamment via l’Agence française de développement. Cet appui se concrétise notamment par l’accueil de plus de 300 000 réfugiés à l’est de la Mauritanie, une démonstration remarquable de solidarité que j’admire profondément.
Le message est clair : face aux déséquilibres mondiaux et régionaux, la Mauritanie n’est pas seule. La France sera toujours à ses côtés, que ce soit à travers ses entreprises, ses financements ou ses initiatives de développement. Cette visite d’État s’inscrit dans cette logique, tout comme le forum économique que vous lancerez prochainement.
Enfin, votre déplacement à Brest pour discuter d’économie bleue et de sécurité maritime, ainsi que notre participation commune au sommet Africa Forward à Nairobi, illustrent une ambition partagée : refonder en profondeur les liens entre nos deux pays et entre la France et l’Afrique. Une relation résolument tournée vers l’investissement, l’innovation, la jeunesse et les sociétés civiles, alliant dimensions politique, économique et stratégique.
Nous avons une responsabilité historique : ne pas subir les transformations du monde, mais en être des acteurs majeurs. Les dernières années ont confirmé notre capacité à nous comprendre et à agir ensemble. J’ai pu mesurer votre détermination et votre courage dans les moments les plus difficiles. C’est un honneur de vous accueillir aujourd’hui, aux côtés de Madame la Première dame, de vos ministres et de votre délégation.
Monsieur le Président, merci pour votre confiance, pour l’amitié que vous portez à la France et pour ces nouveaux chapitres que nous écrivons ensemble. Merci.
Les discussions se sont poursuivies lors d’un entretien bilatéral couvrant les grands enjeux régionaux et internationaux.
La journée s’est conclue par un dîner officiel au Palais de l’Élysée.