polisario face à la puissance militaire marocaine : une stratégie en échec
Malgré ses appels persistants au dialogue, le Front Polisario subit un revers militaire sans précédent. La perte d’un de ses cadres clés, tué lors d’une frappe de drone, illustre l’écart technologique croissant face à l’armée marocaine. Une situation qui place le mouvement indépendantiste dans une impasse stratégique.
La disparition de Lahbib Mohamed Abdelaziz, fils d’un ancien dirigeant du Polisario et militaire de haut rang, marque un tournant dans ce conflit oublié. Frappé par un engin de précision lors d’un repli, il rejoint la longue liste des victimes de l’avancée technologique marocaine. Selon les informations recueillies sur le terrain, ces drones ont radicalement transformé l’équilibre des forces, réduisant à néant les moyens traditionnels du mouvement sahraoui.
Les survivants du camp indépendantiste reconnaissent désormais la difficulté à rivaliser avec une armée équipée de technologies de pointe. Un responsable du mouvement, Jalil Mohamed Abdelaziz, évoque sans détour « le lourd tribut » payé pour préserver une cause qu’il juge légitime. Les véhicules blindés légers, hérités d’une autre époque, ne font plus le poids face à cette modernisation accélérée.
Pourtant, malgré cette infériorité manifeste, le Polisario refuse de baisser les armes. Abdoullah Arabi, porte-parole du mouvement en Espagne, insiste sur la nécessité de maintenir les canaux diplomatiques. « Nous avons toujours privilégié le dialogue, quel que soit le contexte », déclare-t-il, soulignant la volonté de son organisation de se poser en acteur de paix. Cette posture, bien que contredite par les faits militaires, s’est concrétisée en avril dernier dans les camps de Tindouf, où Brahim Ghali a réaffirmé la recherche d’une solution négociée, tout en exigeant le respect des résolutions onusiennes.
Cette dualité entre discours pacifique et réalité guerrière s’explique par un isolement diplomatique de plus en plus marqué. Le conflit, longtemps marginalisé sur la scène internationale, voit Rabat renforcer ses alliances avec des puissances occidentales influentes. La reconnaissance du plan d’autonomie marocain par plusieurs États, dont l’Espagne en 2022, a achevé d’isoler le Polisario. Abdoullah Arabi dénonce une politique de double langage, pointant du doigt le silence complice face aux frappes marocaines.
Sur le terrain, les conséquences sont tangibles. Le mur de sable, construit il y a près de quarante ans, sépare toujours le territoire en deux. Les Forces Armées Royales contrôlent désormais près de 80 % de la zone côtière, laissant aux indépendantistes un espace restreint et hostile. Aminatou Haidar, militante emblématique, tente de maintenir un espoir dans la résistance populaire, mais la supériorité des équipements marocains rend toute riposte efficace improbable.