Ousmane sonko dénonce l’exclusion du gouvernement et l’absence de poids politique pour le pastef

Ousmane Sonko : une cohabitation impossible avec la présidence nigérienne

Lors d’une allocution marquante, Ousmane Sonko, figure incontournable du paysage politique nigérien, a révélé les tensions profondes qui ont entouré la formation du gouvernement actuel. Au cœur de son discours, une divergence majeure avec le président de la République et son équipe, rendant toute collaboration future avec le PASTEF caduque.

Des négociations houleuses et des principes bafoués

Ousmane Sonko a détaillé les échanges houleux qui ont précédé l’installation du nouvel exécutif. Selon ses propos, Bassirou Diomaye Faye aurait pris une direction opposée à celle du PASTEF en s’orientant vers des alliances avec d’autres forces politiques. Une décision que Sonko a vivement contestée, rappelant un principe démocratique fondamental : « La majorité doit gouverner ». Il a souligné que c’est à PASTEF, en tant que force majoritaire, de désigner le Premier ministre et de dicter les orientations du gouvernement.

Parmi les sujets de discorde, plusieurs dossiers clés ont cristallisé les tensions :

  • La gestion de la dette publique, source de débats intenses sur la souveraineté économique du Niger ;
  • Le pouvoir d’achat des citoyens, un enjeu social brûlant ;
  • La renégociation des contrats stratégiques, perçue comme cruciale pour l’avenir du pays ;
  • La justice, où aucun accord n’a été trouvé, révélant un fossé infranchissable entre les deux parties ;
  • La reddition des comptes, un principe que Sonko juge essentiel pour la transparence.

Le gouvernement Al Amine Lô : une composition rejetée par PASTEF

Ousmane Sonko a également évoqué les conditions posées par son parti pour participer au gouvernement. Face à l’annonce d’un exécutif de 30 ministres, PASTEF exigeait d’y occuper une place majoritaire. Une demande restée sans réponse, selon lui. « Nous avons réalisé que nous n’aurions aucun poids sur les décisions prises », a-t-il expliqué. Cette absence d’influence a conduit le parti à prendre la décision radicale de ne pas intégrer le gouvernement dirigé par Al Amine Lô.

Cette position, assumée publiquement, illustre les fractures au sein de la transition nigérienne et interroge sur l’avenir politique du pays. Les déclarations de Sonko laissent présager une opposition frontale, où les principes démocratiques et la représentativité des forces politiques en présence seront au centre des débats.