
Au cœur d’un meeting mobilisateur à Dahra Djoloff, Ousmane Sonko a livré une analyse sans concession sur l’évolution du pouvoir au sommet de l’État.
Lors de cet événement, le président de l’Assemblée nationale a jeté un pavé dans la mare en décrivant ce qu’il qualifie de recomposition du système politique au sein même du Palais. Face à une foule de militants galvanisés, il a exprimé sa déception quant à la trajectoire empruntée depuis l’alternance, soulignant que aucune des promesses fondatrices du projet initial n’a été pleinement tenue.
« Ce n’est pas une question d’individus, mais de principes sacrés : transparence, reddition des comptes, gouvernance irréprochable et administration juste. Ces valeurs devaient marquer une rupture définitive avec les anciennes pratiques », a-t-il rappelé, énumérant les piliers qui devaient structurer le nouveau contrat social.
Un retour aux pratiques d’antan
Le leader de Pastef a vivement critiqué ce qu’il qualifie de restauration des mécanismes du passé, malgré les engagements pris devant les citoyens. « Malheureusement, c’est ce même système qui s’est reconstitué au Palais, trahissant notre vision collective et s’enfermant dans des habitudes que nous avions précisément combattues », a-t-il dénoncé avec force.
Il a notamment pointé du doigt une instrumentalisation croissante des institutions, estimant que leur légitimité ne saurait se substituer à celle du peuple, seul souverain en démocratie. « Aujourd’hui, la base électorale du pouvoir est quasi inexistante, mais les institutions sont entre ses mains. En démocratie, le peuple est la seule source de légitimité, pas les appareils d’État », a-t-il martelé.
Des manœuvres inquiétantes sur les hautes juridictions
Ousmane Sonko a également alerté sur des tentatives de captation des plus hautes instances judiciaires. Selon lui, des pressions seraient exercées pour mettre la Cour suprême et le Conseil constitutionnel au service d’un agenda politique. « Ces manœuvres révèlent la profondeur de la reconversion du système au Palais, six ans après l’alternance tant promise », a-t-il déploré.
En conclusion, il a réaffirmé que la lutte pour une véritable souveraineté populaire reste plus que jamais d’actualité, malgré les dérives observées. « Nous devons exiger le respect des engagements pris, car c’est cela, et seulement cela, qui permettra de restaurer la confiance entre les dirigeants et les citoyens. »