Modernisation fiscale et douanière au Gabon : une avancée stratégique pour l’économie

Économie

Modernisation fiscale et douanière au Gabon : vers une collecte publique plus efficace

Libreville, 15 octobre 2024 – La modernisation des administrations fiscales et douanières au Gabon s’accélère. En unifiant les stratégies des Douanes et des Impôts, l’État gabonais renforce sa souveraineté financière et sa capacité à mobiliser les ressources nécessaires au développement national.

Cette initiative ne se limite pas à une simple optimisation administrative. Elle marque une transformation profonde de la gestion publique, où la collaboration entre les différentes entités devient un outil clé pour renforcer la transparence économique et lutter contre les réseaux de fraude et d’évasion fiscale.

Le 14 octobre à Libreville, le Directeur général des Douanes et Droits indirects, le Général de Brigade Hugues Modeste Odjangou, et la Directrice générale des Impôts, Édith Laure Oyaya épouse Mbiguidi, ont officialisé une feuille de route ambitieuse. Objectif : renforcer la coordination entre les deux régies financières, essentielles pour le financement des infrastructures, des services publics et de la diversification économique du pays.

Une gouvernance intégrée pour des finances publiques plus robustes

Dans une économie moderne, les administrations fiscales et douanières ne fonctionnent plus en silos. Le partage des données, l’analyse croisée des informations et la coordination des contrôles permettent d’améliorer significativement le rendement fiscal tout en réduisant les opportunités de fraude. C’est cette vision que le Gabon souhaite désormais ancrer dans ses pratiques.

Lors de cette réunion, les deux responsables ont identifié plusieurs priorités : le partage systématique des données fiscales et douanières, la coordination des opérations de contrôle sur le terrain, la mutualisation des moyens logistiques et humains, ainsi que la mise en place de stratégies communes pour lutter contre la fraude fiscale, les infractions douanières et les trafics illicites.

Cette démarche s’inscrit pleinement dans les orientations du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui prône une administration plus performante, transparente et orientée vers les résultats concrets.

Un cadre juridique pour pérenniser la coopération

Cette dynamique ne repose pas uniquement sur une volonté politique. Elle s’appuie désormais sur un texte officiel. Les deux administrations ont rappelé que l’arrêté n°073/MEFDPLVC du 10 avril 2026, créant la Commission mixte Impôts-Douanes, établit le socle institutionnel de cette collaboration. Ce dispositif prévoit notamment des contrôles conjoints, conformément au Code des douanes de la CEMAC, et facilite l’échange fluide d’informations entre les deux régies.

Cette avancée rapproche le Gabon des standards observés dans plusieurs pays africains ayant modernisé leurs administrations fiscales. Les expériences du Rwanda, du Maroc ou encore de la Côte d’Ivoire montrent qu’une coopération renforcée entre fiscalité et douanes permet d’améliorer significativement les performances budgétaires tout en limitant les pratiques d’évasion fiscale et les circuits économiques informels.

Les prochaines étapes consisteront à mettre en place la commission conjointe, chargée de piloter cette nouvelle gouvernance, d’assurer le suivi des décisions prises et de coordonner les futures opérations communes.

Une réforme aux répercussions multiples

Cette rencontre symbolise un tournant dans la gestion des finances publiques au Gabon. Longtemps perçues comme des entités distinctes, les Douanes et les Impôts adoptent désormais une vision commune. Ensemble, elles génèrent la majorité des recettes de l’État. Leur rapprochement représente donc un levier déterminant pour renforcer les marges budgétaires du pays sans alourdir la pression fiscale sur les contribuables respectueux de leurs obligations.

L’objectif principal reste la lutte contre la fraude, les déclarations frauduleuses, les circuits commerciaux opaques et les pratiques qui privent l’État de ressources indispensables à son développement.

Cette alliance envoie également un message fort aux partenaires internationaux, aux investisseurs et aux institutions financières. Elle démontre la volonté du Gabon de moderniser ses mécanismes de gouvernance économique, de sécuriser ses ressources internes et d’améliorer durablement la crédibilité de son administration financière.

Au-delà de l’organisation interne, cette coopération s’inscrit dans une ambition plus large : celle d’un État capable de mieux protéger ses ressources, de financer ses priorités nationales grâce à ses propres recettes et de construire une administration plus efficace, transparente et performante. Dans cette optique, l’alliance entre la Direction générale des Douanes et Droits indirects et la Direction générale des Impôts ne se limite pas à un rapprochement administratif. Elle constitue l’un des piliers de la nouvelle architecture financière que le Gabon souhaite consolider.