Mobilisation populaire en RDC : la révision constitutionnelle en question

manifestation en RDC contre révision constitutionnelle

mobilisation populaire en RDC : la révision constitutionnelle en question

Alors que le débat autour d’une possible révision de la Constitution agite Kinshasa, une alliance inattendue d’opposants et de la société civile a marqué les esprits. Le collectif C 64 a en effet lancé un appel solennel aux Congolais pour boycotter toute activité ce jour-là. L’objectif ? Faire entendre leur refus catégorique face à l’ambition affichée par le président Félix Tshisékédi de briguer un troisième mandat. Résultat : la capitale, habituellement bouillonnante, s’est figée dans une journée « ville morte » particulièrement réussie. La plupart des commerces ont fermé leurs portes, illustrant une mobilisation citoyenne sans précédent.

un rapport de forces décisif

Encouragée par ce premier succès, l’opposition entend maintenant amplifier la pression. L’enjeu est de taille : contraindre le chef de l’État à renoncer à son projet. Pourtant, malgré cette démonstration de force, Félix Tshisékédi ne semble pas disposé à céder. Le président congolais, qui a déjà accompli deux mandats, contourne habilement les limites constitutionnelles en privilégiant la voie référendaire. Une stratégie qui rappelle les pratiques courantes sur le continent, où les élections servent rarement de courroie de transmission des volontés populaires.

Pourtant, la mobilisation populaire pourrait bien changer la donne. Les partisans de la révision constitutionnelle, conscients du risque, préparent déjà leur contre-offensive. Des figures religieuses, favorables au projet présidentiel, appellent à une manifestation de soutien dès le 5 juin. Le scénario qui se dessine est sans équivoque : l’avenir de la révision constitutionnelle en RDC dépendra avant tout du rapport de forces sur le terrain. Si l’opposition parvient à maintenir la pression, le texte pourrait être abandonné. Dans le cas contraire, Félix Tshisékédi devrait l’imposer, comme l’ont fait avant lui d’autres dirigeants africains confrontés à des contestations similaires.

un pays au bord du gouffre

Alors que la classe politique s’affronte sur la question constitutionnelle, la RDC fait face à des défis autrement plus urgents. La crise sécuritaire qui ravage l’est du pays échappe toujours au contrôle des autorités. Les groupes armés y prospèrent, tandis que les populations civiles paient un lourd tribut. À cette situation déjà explosive s’ajoute une épidémie d’Ebola qui continue de faire des victimes. Dans ce contexte, la priorité nationale devrait être de rétablir la paix et la stabilité, et non de s’engager dans des manœuvres politiques risquées.

Pourtant, Félix Tshisékédi semble s’obstiner dans une logique de pouvoir. Des voix influentes, dont celles de leaders religieux, l’ont pourtant alerté : un dialogue inclusif avec toutes les forces vives du pays est indispensable pour sortir de l’impasse. Des mois plus tard, force est de constater que ces recommandations sont restées lettre morte. Pourquoi une telle inertie ? Est-ce une question de confiance en sa propre légitimité ? Une chose est sûre : l’histoire de l’Afrique regorge d’exemples où des dirigeants ont sous-estimé l’ampleur des crises avant de s’y noyer.