L’association française STOP homophobie accompagne actuellement 68 personnes détenues au Sénégal en raison de leur orientation sexuelle. Une situation alarmante qui pousse militants et élus à agir pour soutenir les citoyens Sénégal victimes de cette politique répressive.
une ligne d’urgence saturée par l’afflux des demandes
Depuis l’adoption en mars de la loi sénégalaise condamnant les relations homosexuelles à des peines allant jusqu’à 10 ans de prison, l’organisation STOP homophobie multiplie les initiatives. Terrence Khatchadourian, son secrétaire général, révèle un volume record d’appels : « Jusqu’à il y a deux semaines, nous avions enregistré 3 000 appels, un afflux que notre standard n’arrivait plus à absorber ». L’association a notamment mis en place une ligne téléphonique dédiée pour répondre à cette urgence.
Parmi les actions engagées : l’accueil de quelques réfugiés en région parisienne et l’accompagnement d’une cinquantaine de personnes dans leur démarche d’asile en France. Ces dispositifs restent cependant insuffisants selon les observateurs.
« la France doit passer de l’indignation à l’action »
Le militant Jean-Luc Romero-Michel, ancien adjoint au maire de Paris, dénonce l’inaction des autorités françaises. « Tous les jours, des messages me parviennent : des personnes qui ne parviennent pas à obtenir de visa humanitaire. Aujourd’hui, la France n’est pas à la hauteur de ses valeurs », déclare-t-il avec fermeté.
Face à ce constat, Ian Brossat, conseiller de Paris et sénateur communiste, propose aujourd’hui une solution concrète : la mise à disposition de logements par la Ville de Paris pour les Sénégalais fuyant les persécutions. « S’indigner publiquement des violations des droits humains au Sénégal, c’est essentiel. Mais offrir un refuge aux victimes, c’est la moindre des choses », souligne-t-il.
un engagement politique et associatif en hausse
Les associations et élus français unissent leurs forces pour faire pression sur les institutions. Leur objectif : obtenir des visas humanitaires accélérés et des solutions d’hébergement temporaire. Une mobilisation qui s’inscrit dans un contexte de montée des tensions autour des questions de droits LGBT+ en Afrique.
Les initiatives locales, comme celle proposée par Ian Brossat, pourraient servir de modèle pour d’autres collectivités. Elles soulèvent cependant la question de l’efficacité des mesures à long terme pour les citoyens Sénégal concernés.