Mali : l’Aïd sous haute tension sécuritaire

Mali : l’Aïd sous haute tension sécuritaire

La célébration de la Tabaski au Mali, mercredi soir, s’est déroulée dans un contexte particulièrement tendu. Après l’attaque du 25 avril, qui a ébranlé les fondements du pouvoir militaire en emportant le ministre de la Défense Sadio Camara, une menace planait sur Bamako : le Groupe de Soutien à l’Islam et aux musulmans avait annoncé un « assaut final » pour renverser la junte en place.

Les groupes armés djihadistes ont souvent choisi les fêtes religieuses pour frapper, convaincus que leurs actions leur valent une bénédiction divine.

Cette année, les moutons de l’Aïd ont été inaccessibles pour de nombreux foyers, tant en ville qu’à la campagne. Les groupes armés imposent leur loi : dans les zones rurales, ils prélèvent des troupeaux au titre de l’impôt ou les confisquent pour les revendre. À Bamako, un boycott a été décrété, comme cela a déjà été observé au Burkina Faso et dans certaines localités maliennes. Bien que les forces de sécurité maintiennent les axes routiers ouverts, cette mesure pèse lourdement sur le moral des habitants.

Les prix des animaux ont également explosé à Niamey, où les attaques récurrentes des groupes GSIM et État islamique au Sahel ciblent les régions de l’ouest, traditionnellement riches en bétail. Ces dernières semaines, plusieurs positions militaires et civiles ont été visées, causant de lourdes pertes, alors que l’armée nigérienne est mobilisée plus au nord pour reconquérir Kidal.