L’ONU appelle à cesser les violences dans l’est de la République démocratique du Congo

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Turk, s’exprime lors d’une conférence de presse à Genève, en Suisse, le 9 décembre. ©Fabrice Coffrini/AFP

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a lancé un appel pressant pour que cessent «de toute urgence» les affrontements qui s’intensifient dans la région orientale de la République démocratique du Congo (RDC). Ces violences opposent l’armée congolaise au groupe armé M23. M. Türk a exprimé sa profonde inquiétude face à la poursuite incessante des combats, malgré les accords de paix existants, déplorant les pertes humaines, les blessures et les déplacements de civils, ainsi que la destruction de leurs moyens de subsistance.

Depuis plus de trois décennies, l’est de la RDC est le théâtre de conflits persistants. Au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, les forces armées congolaises font face au M23, un groupe armé qui a conquis de larges étendues de territoire.

L’intensification des hostilités au Sud-Kivu coïncide avec la déclaration d’une épidémie d’Ebola en mai dernier dans l’Ituri, province voisine.

Le Haut-Commissariat a rapporté des «affrontements intenses» particulièrement autour de Mulima, un village situé dans la région de Fizi au Sud-Kivu, les 4 et 5 juillet.

«J’exhorte les forces armées congolaises et le M23 à abandonner sans délai toute nouvelle violence et à œuvrer de manière urgente à l’apaisement des tensions. J’appelle en outre les deux belligérants à mettre en œuvre des actions concrètes pour la protection des populations civiles à Mulima et dans toute la zone des hauts plateaux de Fizi et de Mwenga», a précisé M. Türk.

Le Haut-Commissaire a fermement insisté sur la nécessité de mettre fin à l’emploi d’armes explosives à large rayon d’action au sein des zones habitées, en raison de leurs effets dévastateurs.

Ces violences font craindre aux Nations unies de nouveaux flux de populations déplacées, y compris vers les nations limitrophes. L’organisation anticipe également «de nouvelles violations et atteintes au droit international des droits humains, incluant des exécutions extrajudiciaires et des violences sexuelles perpétrées dans le cadre du conflit».

M. Türk a rappelé avec insistance que «les parties impliquées dans le conflit, ainsi que leurs alliés, sont tenues, en vertu du droit international humanitaire, d’assurer un accès sûr, rapide et sans obstacle à l’assistance humanitaire pour toutes les personnes qui en ont besoin».

Par ailleurs, il a exhorté le Rwanda à «cesser d’apporter son soutien au M23 et à retirer ses forces de la RDC». Il a également appelé les autorités congolaises à «redoubler d’efforts pour démobiliser, désarmer et rapatrier les membres des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR)», un groupe armé composé d’anciens responsables du génocide rwandais de 1994 qui ont trouvé refuge en RDC.