Le sommet de la Cédéao à Freetown : un dialogue crucial sans le Niger, le Mali et le Burkina Faso
La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) tient ce dimanche son 69e sommet à Freetown, en Sierra Leone. Pour la deuxième fois consécutive, les représentants des 15 États membres se réunissent sans la présence des dirigeants du Niger, du Mali et du Burkina Faso, désormais regroupés au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Une absence qui pèse lourd sur les discussions et les perspectives d’avenir de l’organisation régionale.

Redéfinir l’avenir de la Cédéao : un enjeu majeur pour la stabilité régionale
Le départ des trois pays de l’AES marque un tournant dans l’histoire de la Cédéao. Si leur présence symbolisait autrefois l’unité ouest-africaine, leur absence actuelle soulève des questions fondamentales sur l’avenir de l’organisation. Les dirigeants présents à Freetown devront ainsi explorer des pistes pour maintenir des liens malgré cette scission, notamment en matière de sécurité, de commerce et de libre circulation des personnes.
Les défis sécuritaires, aggravés par la menace terroriste qui s’étend au-delà des frontières nationales, restent une priorité absolue. La Cédéao doit trouver des solutions pour renforcer la coopération régionale, même en l’absence de ses trois membres historiques. Le renforcement des échanges commerciaux et la préservation de la libre circulation des citoyens s’imposent également comme des priorités pour éviter une fragmentation accrue de l’espace ouest-africain.
La Force en attente de la Cédéao : un projet toujours en suspens
Parmi les sujets récurrents des sommets précédents, la mise en place de la Force en attente de la Cédéao reste un dossier brûlant. Annoncée comme une solution clé pour répondre aux crises politiques et aux menaces terroristes, cette force régionale peine à voir le jour. Pourtant, les préparatifs menés cette semaine à Freetown témoignent d’une volonté renouvelée d’accélérer son déploiement.
Michel Ange Bangoura, représentant guinéen chargé de la coopération avec la Cédéao, souligne que les institutions existent sur le papier, mais que leur activation nécessite des moyens concrets. « Tout est OK sur le papier, il ne reste qu’à trouver les ressources nécessaires pour son déploiement, » explique-t-il. Il ajoute que les discussions en cours pourraient aboutir à un déploiement à brève échéance, notamment par la mise en place d’un état-major régional et la contribution de chaque pays par au moins une compagnie.
Sécurité, réformes et crédibilité : les défis à surmonter
L’expert Aliou Diakité met en lumière les multiples enjeux qui attendent les chefs d’État et de gouvernement. Selon lui, la Cédéao doit non seulement faire face à la criminalité organisée liée au terrorisme, mais aussi répondre aux défis posés par les changements politiques, le changement climatique, les épidémies et les pandémies. Ces problématiques interpellent directement les dirigeants ouest-africains, qui doivent adapter l’organisation aux réalités actuelles pour restaurer sa crédibilité.
Les réformes institutionnelles, souvent évoquées mais rarement concrétisées, s’imposent comme une nécessité. La Cédéao doit prouver qu’elle reste un acteur incontournable dans la gestion des crises et la promotion de la stabilité en Afrique de l’Ouest, malgré les divisions internes.