Le dénouement de cette rencontre a offert des images aux antipodes : d’un côté, la liesse totale des joueurs du Paraguay dansant devant leurs fans en délire ; de l’autre, la détresse profonde des Allemands, prostrés dans leur zone technique. Au terme d’un affrontement marqué par une tension dramatique, la Nationalmannschaft quitte prématurément la compétition dès les seizièmes de finale (1-1, 3 t.a.b. à 4).
Malgré une domination outrageuse dans la conservation du ballon, dépassant les 80 %, l’Allemagne a cruellement manqué d’inspiration offensive. Face à ce bloc compact, le Paraguay a su faire preuve d’un réalisme glacial en ouvrant le score par l’intermédiaire d’Enciso à la 42e minute. Au retour des vestiaires, les hommes de Julian Nagelsmann ont réagi grâce à l’égalisation rapide de Havertz (54e), mais ce sursaut n’a pas suffi à masquer les carences persistantes du collectif allemand.
La fin de match et les prolongations ont été marquées par une maladresse chronique des attaquants de la Nationalmannschaft, à l’image des tentatives infructueuses de Havertz (78e) et Goretzka (86e). Le tournant du match a eu lieu à la 102e minute lorsque le but de Tah, consécutif à un corner de Brown, a été invalidé par la VAR. C’est donc lors de la séance fatidique des tirs au but que le sort de la rencontre s’est scellé, récompensant la solidité mentale des Sud-Américains.
Le joueur : José Canale (Paraguay)
Dans une séance de tirs au but irrespirable, marquée par plusieurs échecs de ses coéquipiers, José Canale a endossé le costume de sauveur. Le défenseur central a gardé son sang-froid pour transformer le penalty décisif, propulsant son pays vers les huitièmes de finale. Au-delà de ce geste final, il a livré une prestation défensive de haut vol aux côtés de son capitaine Gustavo Gomez, muselant avec efficacité les différents assauts de Undav, Havertz ou encore Woltemade.
Le fait : un potentiel choc contre la France
Cette qualification historique du Paraguay ouvre la porte à un possible remake de 1998. Si l’équipe de France parvient à se défaire de la Suède ce mardi, elle retrouvera les Sud-Américains en huitièmes de finale. Ce duel rappellerait forcément de grands souvenirs aux supporters français, évoquant le match acharné de Lens où Laurent Blanc avait délivré les Bleus grâce à un but en or resté dans les mémoires.
Pour l’Allemagne, ce nouvel échec retentissant confirme une crise profonde. Après deux éliminations consécutives dès la phase de groupes lors des précédentes éditions, la sélection échoue cette fois-ci au premier tour à élimination directe, laissant planer de sérieux doutes sur son avenir au sommet du football mondial.