En pleine période de vaches maigres pour les ménages togolais, touchés par une inflation galopante, les dépenses de l’État suscitent la polémique. Le projet de promotion de la « nouvelle carte de l’Afrique » aux Nations unies a nécessité un investissement estimé à deux millions de dollars américains. Une somme colossale pour une retombée principalement symbolique.
Des millions investis dans le lobbying et le prestige
Les fonds publics ont été orientés vers plusieurs axes stratégiques pour assurer l’adoption de cette résolution à New York. Des agences de relations publiques parisiennes et des cabinets de lobbying basés à Washington D.C. ont été recrutés à grands frais afin de convaincre les décideurs internationaux. Ces prestations, facturées en devises étrangères, s’élèvent à plusieurs centaines de milliers de dollars.
Par ailleurs, les déplacements fréquents de Robert Dussey, le ministre des Affaires étrangères, ont lourdement pesé sur le budget. Entre vols haut de gamme, hébergements dans des palaces et frais de représentation à Paris, Genève ou New York, la facture s’est rapidement alourdie. À cela s’ajoutent les réceptions mondaines, les cadeaux protocolaires et le financement de campagnes de communication ciblées dans les médias internationaux pour légitimer cette initiative.
Le contraste saisissant avec les besoins sociaux
Cette stratégie d’influence internationale passe mal auprès de la population et de la société civile. L’équivalent de plus d’un milliard de francs CFA aurait pu financer des projets cruciaux pour le développement local. Des structures sanitaires à Kara, Dapaong ou Adétikopé, actuellement confrontées à des pénuries de matériel médical essentiel, auraient pu bénéficier de ces investissements.
Ce choix budgétaire met en lumière la distance entre la recherche de prestige à l’échelle mondiale et les difficultés socio-économiques vécues au quotidien par les citoyens du pays.