Le football argentin s’interroge : « Julian ou Lautaro ? » Une question qui résonne déjà depuis la Coupe du monde 2022 et la Copa America 2024. Lionel Scaloni, le sélectionneur de l’Albiceleste, doit trancher entre Julian Alvarez et Lautaro Martinez pour compléter l’attaque aux côtés de l’incontournable Lionel Messi. Le triplé éclatant de la Pulga lors de la première rencontre ne fait que confirmer son statut intouchable.
Il s’agit là d’un véritable luxe pour le tacticien argentin, qui dispose de deux des cinq avant-centres les plus cotés mondialement par Transfermarkt. À l’image d’un Didier Deschamps avec Kylian Mbappé et Ousmane Dembélé, Scaloni bénéficie d’une richesse offensive rare. Si la valeur marchande (85 millions € pour Martinez, 100 millions € pour Alvarez, dont le nom agite le mercato) ne dit pas tout, elle témoigne néanmoins du calibre exceptionnel de ces deux attaquants.
Profils contrastés : le taureau face à l’araignée
Bien que tous deux buteurs et d’une taille similaire (à peine plus d’1m70), Martinez et Alvarez présentent des styles de jeu distincts.
Lautaro Martinez, 28 ans, titulaire lors du match inaugural, offre une contribution plus globale à l’équipe. Son jeu de tête est plus développé, lui permettant de marquer régulièrement de la tête (cinq réalisations cette saison, contre aucune pour Alvarez), apportant ainsi un danger précieux sur les phases arrêtées. Habitué à décrocher pour prendre la profondeur avec des appels incisifs, il excelle en contre-attaque et se montre redoutable dans la surface de réparation, comme en témoigne sa bicyclette spectaculaire contre le Pérou. Excellent dos au but et combatif, il possède une dimension défensive plus étendue que son cadet.
Julian Alvarez, 26 ans, surnommé la Araña (l’araignée), se distingue par ses qualités de dribbleur. Ses courses balle au pied permettent à l’équipe de progresser sur le terrain, une caractéristique moins présente chez El Toro (le taureau), qui préfère les appels en profondeur. Alvarez se montre également plus altruiste, avec huit passes décisives cette saison. Malgré son mètre soixante-dix, il n’a pas inscrit le moindre but de la tête cette saison, un facteur non négligeable en Coupe du monde. Il compense cette lacune par une capacité à marquer de loin, aussi bien du pied droit que du gauche, et une technique individuelle qui lui permet de s’illustrer même dans les espaces les plus réduits.
Statistiques : Martinez, un buteur plus prolifique
Le parcours de Lautaro Martinez en Coupe du monde est pour l’heure complexe, sans le moindre but en huit apparitions dans la compétition reine. Lors du troisième match de poule en 2022, les rôles se sont inversés. Après deux titularisations infructueuses contre l’Arabie saoudite et le Mexique, l’attaquant de l’Inter a cédé sa place à Julian Alvarez. Ce dernier a su saisir sa chance contre la Pologne, s’installant durablement comme le numéro un. Avec quatre buts inscrits lors des cinq dernières rencontres du tournoi, dont un doublé en demi-finale face à la Croatie, Alvarez, alors joueur de Manchester City, a marqué des points cruciaux auprès de Scaloni, qui l’a de nouveau préféré à Martinez durant la Copa America 2024, malgré un bilan personnel inférieur (deux buts contre cinq pour Martinez).
Pourtant, depuis juin 2024 et le début de la Copa America victorieuse pour l’Albiceleste, Martinez affiche des statistiques supérieures en sélection : treize buts et trois passes décisives en 1180 minutes, contre sept buts et deux passes décisives pour Alvarez en 1600 minutes.
Forme et mercato : l’épineux dossier Alvarez
Malgré des chiffres en sa faveur, la prestation mitigée de Lautaro Martinez lors du premier match a relancé le débat. Julian Alvarez, considéré comme le numéro un ces derniers mois, n’a pas débuté en raison d’une blessure au mollet contractée en demi-finale de Ligue des champions avec l’Atletico. Ses 35 minutes de jeu en fin de match contre l’Algérie marquaient son retour sur les terrains depuis le 5 mai. Avant cette première rencontre, Scaloni s’était montré rassurant : « Julian est prêt à jouer. »
Sera-t-il titularisé dès ce lundi contre l’Autriche, ou pour la dernière rencontre de groupe ? Le sélectionneur est conscient que son attaquant est au cœur d’une des sagas les plus médiatisées du mercato espagnol, et que ses performances seront scrutées à l’aune de cette situation. Sous contrat avec l’Atletico jusqu’en 2030, l’international argentin est courtisé par les plus grands clubs européens. L’intensité de ce dossier est telle que l’Atletico a répondu avec ironie à l’offre de 100 millions d’euros formulée par les Catalans via leurs réseaux sociaux. Également mentionné du côté d’Arsenal et du Paris Saint-Germain, Alvarez aurait fait part à l’Atletico de son désir de ne pas poursuivre l’aventure sous les ordres de Diego Simeone, selon les informations de « Marca ». Le FC Barcelone pourrait bien être sa destination finale, mais cette saga promet d’animer une grande partie de l’été.