L’imbroglio judiciaire entourant le général Abdoulaye Miskine, de son véritable nom Martin Koumtamadji, persiste. Alors que son dossier était inscrit au rôle général de l’audience foraine de la chambre criminelle pour le lundi 25 mai 2026, devant la Cour d’appel de N’Djamena, il a été déprogrammé. Cette décision intervient après plusieurs années de détention sans jugement, suscitant une vive attente.
Les documents relatifs à l’affaire révèlent que le dossier, répertorié sous le numéro 093/2022, inclut Abdoulaye Miskine aux côtés d’autres accusés tels qu’Adoum Rakhis, Ringo Djouma et Abdoulaye Gros. Les chefs d’inculpation sont graves et variés : association de malfaiteurs, création et participation à des mouvements insurrectionnels, enlèvement, séquestration, sévices graves, viol et extorsion de biens. Les faits se seraient déroulés dans la région de Tissi.
Arrêté en novembre 2019 dans la capitale tchadienne, Abdoulaye Miskine est détenu depuis plus de six ans et demi à la maison d’arrêt de Klessoum, sans qu’un jugement n’ait été rendu. La suspension de l’audience du 25 mai 2026 serait, selon certaines informations, due au décès subit d’un greffier. Cependant, l’absence de toute nouvelle date d’audience depuis cet événement alimente les interrogations autour de ce dossier sensible.
De nombreuses sources locales indiquent que l’affaire a été retirée du calendrier judiciaire « jusqu’à nouvel ordre ». Des voix proches du dossier suggèrent que des pressions politiques pourraient entraver le déroulement du procès de l’ancien chef du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC), malgré la durée de sa détention et les sollicitations répétées de ses avocats et de sa famille.

La République centrafricaine avait pourtant sollicité son extradition, mais le Tchad n’a pas accédé à cette demande. La participation d’Abdoulaye Miskine à l’Accord de paix de Khartoum en 2019 confère par ailleurs une dimension politique et régionale supplémentaire à ce dossier judiciaire déjà complexe.
Sa condition de santé est également une source de préoccupation. Depuis plusieurs années, ses proches s’alarment de problèmes d’insuffisance rénale, d’hypertension artérielle, de troubles de la vision et d’une perte de poids significative. Il a été hospitalisé à plusieurs reprises, notamment en 2025, année où il avait également entamé une grève de la faim après la confiscation de ses médicaments.
Pour ses partisans, cette situation incarne une détention prolongée sans qu’un jugement n’ait été prononcé. Officiellement, les autorités judiciaires maintiennent que le dossier est toujours en cours. Néanmoins, la déprogrammation inattendue de l’audience du 25 mai 2026 relance les critiques quant au blocage de cette affaire, qui se situe au carrefour d’enjeux judiciaires, sécuritaires et politiques entre le Tchad et la Centrafrique.
À l’heure actuelle, aucune date de reprise du procès n’a été communiquée. L’affaire Abdoulaye Miskine demeure ainsi en suspens, sans perspective claire de jugement, de libération ou d’extradition.