L’alliance qui avait jadis uni Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, autrefois perçue comme un front uni pour le changement, révèle aujourd’hui des paradoxes frappants. Des engagements majeurs, comme la réforme du Conseil supérieur de la magistrature, pourtant au cœur de leurs promesses, ont été mis de côté. Leur position commune visait à empêcher le président de l’époque de s’immiscer dans cette instance, mais l’élan réformateur s’est estompé une fois au pouvoir.
De même, les appels à candidatures pour les postes de direction, un principe fondamental de leur programme, ont été ostensiblement ignorés. Cet oubli sélectif soulève des questions sur la cohérence de leur action gouvernementale avec les principes qu’ils avaient eux-mêmes édictés.
La loi d’amnistie, que le duo s’était engagé à abroger, demeure en vigueur. Cette inaction, en contradiction directe avec leurs déclarations initiales, marque un recul significatif par rapport aux attentes des citoyens et aux objectifs affichés de transparence et de justice.
Le partage des fonds politiques, un sujet sensible, s’est déroulé dans un silence éloquent. Alors même qu’une réforme pour encadrer ces fonds ne nécessitait qu’une majorité parlementaire, majorité qu’ils ont rapidement acquise après leur investiture, aucune mesure concrète n’a été prise pour garantir une gestion plus transparente de ces ressources publiques.
Il est à noter que certains acteurs, qui se sont montrés étonnamment passifs sur les réformes lorsque Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye collaboraient étroitement, affichent désormais un empressement remarquable. Cette soudaine ardeur pour des changements qu’ils auraient pu initier bien plus tôt interroge sur les motivations réelles derrière ces initiatives tardives.
L’Assemblée nationale, pilier de la République, ne devrait pas être le théâtre de règlements de comptes personnels ou de mises en scène politiques. Les responsabilités passées, partagées dans l’action et l’inaction, ne sauraient être effacées par une prétendue rupture. La dignité de l’institution exige une approche plus constructive et moins opportuniste de la gouvernance.