La feuille de route d’Ahmadou Alhaminou Lo

Devant les députés réunis en session extraordinaire ce mardi 8 septembre 2026, le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo a présenté sa Déclaration de politique générale (DPG). Cet exercice constitutionnel, prévu par l’article 55, intervient un peu plus de trois mois après sa nomination par le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, et la mise en place de l’équipe gouvernementale.

Une continuité affirmée avec une méthode renouvelée

Ancien ministre d’État chargé de l’Agenda Sénégal 2050, le chef du gouvernement s’inscrit dans la droite ligne de son prédécesseur, Ousmane Sonko, désormais à la tête de l’Assemblée nationale. Il a réaffirmé que les grandes orientations restaient inchangées, avec le référentiel « Sénégal 2050 » comme cadre stratégique unique. Toutefois, Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo promet une rigueur méthodologique accrue reposant sur six piliers fondamentaux : la priorisation, la diversification des modes de financement, la rigueur d’exécution, la mesure des résultats, le dialogue constant et l’obligation de rendre compte.

Un diagnostic sans fard des finances publiques

Le Premier ministre a brossé un tableau lucide de la situation financière du pays. Fin 2024, la dette publique consolidée atteignait 132 % du PIB, soit plus de 23 500 milliards de francs CFA, avec un déficit budgétaire réévalué à 13,7 %. En 2025, la croissance hors hydrocarbures s’est tassée à 2,2 %. Ce contexte macroéconomique difficile, accentué par les tensions géopolitiques mondiales de début 2026, a conduit à plusieurs dégradations de la note souveraine par les agences de notation internationales.

Des réformes structurelles et un soutien aux plus démunis

Pour redresser la barre, un accord technique a été conclu avec le Fonds monétaire international (FMI) autour d’un programme axé sur la transparence et l’investissement, sans pour autant trahir les engagements du projet présidentiel. Le Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS) prévoit un allongement des maturités et une réduction des coûts financiers. Parallèlement, l’État s’engage à apurer les arriérés dus au secteur privé national.

Sur le plan social, la réforme des subventions énergétiques vise à ramener leur coût sous la barre de 1 % du PIB d’ici 2029, tout en ciblant prioritairement les ménages vulnérables. L’exécutif projette également de baisser de 30 % le coût de l’électricité à l’horizon 2030, d’étendre la couverture des filets sociaux à un million de foyers d’ici 2027 et de construire 30 000 logements par an pour résorber le déficit national.

Souveraineté nationale et chantiers stratégiques

Le Premier ministre a rappelé qu’en matière de défense, le territoire national est libéré de toute présence militaire étrangère depuis juillet 2025. Il a aussi évoqué la conduite d’audits rigoureux sur le foncier, la réévaluation des conventions minières et pétrolières, ainsi que la transition gazière via le gisement Yakaar-Teranga.

Pour stimuler la croissance, une série de grands projets industriels et d’infrastructures est programmée : le développement du réseau gazier national, la modernisation de la Société africaine de raffinage, le pôle minier de Kédougou, des chantiers hydrauliques majeurs, la liaison ferroviaire Dakar-Tambacounda-Kidira, de nouvelles infrastructures hospitalières et le complexe urbain Dakar Millenium Center à Ouakam.