Kinshasa paralysée : l’opposition impose une journée sans activité pour dire non au changement de Constitution
- Politique
La capitale de la République démocratique du Congo a connu ce matin un ralentissement sans précédent de son activité quotidienne. Cette situation exceptionnelle est directement liée à l’appel lancé par l’opposition politique à l’ensemble des citoyens pour une journée de mobilisation totale.
Le mouvement de contestation, baptisé « journée ville morte », vise à exprimer le rejet catégorique du projet de modification de la Constitution soumis par le gouvernement. Ce texte, perçu comme une manœuvre pour prolonger le mandat du chef de l’État, a suscité une vague d’indignation dans la population.
Dès l’aube, les rues de Kinshasa ont révélé une activité anormalement faible. Les taxis, habituellement omniprésents à cette heure, se font rares. Les élèves, normalement en route vers les établissements scolaires, sont quasi absents des trottoirs. La plupart des commerces restent fermés, et les embouteillages caractéristiques de la ville ont disparu, laissant place à une circulation fluide et inhabituelle.
Dans le district de Mont-Amba, l’une des zones les plus animées de la ville, la route de l’Université de Kinshasa, normalement saturée d’étudiants et de véhicules, est presque déserte. Seuls quelques éléments des forces de l’ordre assurent une présence visible aux abords de la chaussée. Les stations de transport en commun sont vides, et certaines stations-service hésitent à ouvrir leurs portes, comme la station Salongo qui tarde à démarrer ses pompes.
Plusieurs véhicules de police et militaires circulent en direction de l’Université de Kinshasa, tandis que des patrouilles sont observées sur l’avenue Bypass. Le rond-point Ngaba, habituellement congestionné, reste étrangement calme jusqu’à 8h00 du matin.
À Limete, commune réputée pour son trafic intense sur les boulevards Lumumba et Poids Lourds, la situation est similaire. Peu de piétons sont visibles, et le transport en commun est presque inexistant. Un seul bus a circulé jusqu’à 7h00 pour relier le centre-ville, selon le témoignage d’un habitant du district de Tshangu. De nombreux propriétaires de véhicules ont préféré garder leurs engins au garage pour éviter tout incident. Des jeeps de police patrouillent en nombre, tandis que des agents de l’ordre sont positionnés aux points stratégiques de la commune, notamment à la première rue.
Samyr Lukombo