Un journaliste d’Agadez libéré après 14 mois de détention au Niger
Le soulagement est immense dans le milieu médiatique nigérien. Hamid Mahmoud, journaliste à Radio Sahara FM d’Agadez, a recouvré la liberté ce vendredi après plus d’un an d’emprisonnement. Son arrestation, intervenue en mai 2025, avait marqué les esprits après ses déclarations sur la rupture présumée de contrats sécuritaires entre le Niger et la Russie.
La nouvelle de sa libération a été confirmée par plusieurs médias locaux, dont Aïr Info, appartenant au même groupe que Radio Sahara FM. Créée en 2003, cette radio est l’une des plus influentes de la région désertique du nord du Niger. Trois journalistes de la station, dont Hamid Mahmoud, avaient été arrêtés à deux reprises en mai 2025, après avoir évoqué publiquement cette rupture contractuelle avec Moscou.
Des accusations initialement lourdes avant un revirement judiciaire
Selon les informations recueillies, les trois professionnels des médias avaient été transférés à Niamey mi-mai 2025. Hamid Mahmoud avait ensuite été présenté devant un tribunal militaire en juin de la même année. Placé en détention à la prison civile de Kollo, près de la capitale, il était d’abord poursuivi pour des chefs d’accusation graves : « atteinte à la défense nationale » et « complot contre l’autorité de l’État ». Ces charges avaient finalement été requalifiées en délit de presse.
Dix journalistes arrêtés en 2025 dans un contexte sécuritaire tendu
La libération d’Hamid Mahmoud intervient dans un contexte où le Niger fait face à des défis majeurs en matière de sécurité. Parmi ses collègues interpellés en même temps que lui, Mahaman Sani a été libéré dès le mois d’août 2025, tandis que Massaouda Jaharou avait bénéficié d’une libération provisoire peu après son arrestation. Ces événements rappellent la pression exercée sur les médias dans un pays en pleine transition politique et sécuritaire.
Cette affaire illustre les tensions persistantes autour de la liberté de la presse au Niger, alors que le pays renforce ses alliances stratégiques et sécuritaires. Le retour à la liberté d’Hamid Mahmoud est salué comme une avancée, même si son parcours judiciaire rappelle les risques encourus par les professionnels des médias dans cette région.