Georges Dougueli répond aux critiques d’Owona Nguini sur la santé de Paul Biya

Le droit à l’information face aux critiques : la mise au point de Georges Dougueli

Suite aux récentes déclarations de Owona Nguini lors d’un passage télévisé le 26 juin, une réponse ferme a été apportée concernant les accusations de « spéculation » sur la fin de vie du président Paul Biya. Le débat soulève des questions fondamentales sur le rôle de la presse et les tensions idéologiques qui traversent le Cameroun.

Face aux outrances verbales, il est essentiel de rappeler que l’analyse de la santé des dirigeants fait partie intégrante de la mission journalistique. Pour un professionnel de l’information, aucun sujet n’est tabou, surtout lorsqu’il s’agit de personnalités incarnant l’État. Chroniquer la vie publique nécessite d’interroger la condition physique de ceux qui détiennent le pouvoir. Loin d’être une simple curiosité, c’est une exigence de transparence pour la nation.

Le danger des idéologies identitaires et du concept « Ekang »

La réponse s’attaque également aux théories développées par Owona Nguini, notamment l’usage du concept « Ekang ». En s’appuyant sur des thèses anthropologiques parfois mal interprétées, ce dernier tente de légitimer une forme de suprématie politique. Cette vision, qui divise les populations entre « seigneurs » et autres catégories, a déjà montré ses limites et ses dangers dans des pays voisins comme le Gabon, la Guinée équatoriale ou le Congo.

Au Cameroun, cette rhétorique de désignation de l’ennemi interne — qu’il s’agisse de groupes politiques ou de simples citoyens — menace la cohésion sociale. L’agitation intellectuelle, dépourvue de finesse, risque de générer des tensions réelles au sein de la société.

La fracture entre l’élite gouvernante et les soutiens de Samuel Eto’o

Le conflit entourant la Fecafoot et Samuel Eto’o est un autre point de friction majeur. Les critiques acerbes contre le président de la fédération et ses partisans, qualifiés de « meute » ou d’« illettrés », révèlent une volonté de la caste dominante de discréditer les aspirations populaires. En érigeant Samuel Eto’o en cible à abattre, certains tentent de masquer les lacunes de la gouvernance actuelle, marquées par la corruption et les dérives administratives.

Il s’agit d’une tentative de remettre le « peuple » à sa place en confisquant sa souveraineté au profit de volontés monarchiques déguisées. Cette analyse laisse désormais le soin aux experts en sciences politiques et en psychologie de décrypter les motivations profondes de tels discours.