Gabon : une stratégie ambitieuse pour préserver 30% de ses écosystèmes d’ici 2030

Le Gabon franchit une étape décisive pour l’avenir de ses forêts denses, de ses littoraux et de sa faune unique. À l’issue d’une semaine de concertations intenses, l’atelier national dédié à la validation de la Stratégie et du Plan d’Action Nationaux pour la Biodiversité (SPANB) 2022-2030 s’est achevé hier à Libreville.

Cette nouvelle feuille de route s’articule autour d’un engagement fort : protéger au moins 30 % des surfaces terrestres, côtières et marines d’ici 2030. Présenté comme « le guide stratégique du pays pour orienter les décisions publiques, renforcer la préservation des écosystèmes et assurer une gestion responsable de son capital naturel inestimable », le document s’inscrit dans la continuité des engagements internationaux du Gabon.

Quatre axes prioritaires ont été définis pour concrétiser cette ambition. D’abord, la conservation d’au moins 30 % des terres, des zones côtières et des espaces marins. Ensuite, la restauration des milieux dégradés pour leur redonner toute leur vitalité. Puis, la lutte contre les menaces pesant sur la biodiversité : braconnage, déforestation illégale et pollution des sols et des eaux. Enfin, la mobilisation de financements durables pour pérenniser les actions de conservation.

Une fois enrichie des dernières contributions des acteurs locaux, cette SPANB sera soumise au Gouvernement pour validation finale. Elle sera ensuite transmise au Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique (CDB) afin d’officialiser l’engagement du Gabon sur la scène mondiale.

Pour Mme Tsayi Mouvagha, coordinatrice de la stratégie, l’essentiel reste à venir : « Les prochains mois seront consacrés à la diffusion de ce plan auprès des institutions, des entreprises, des populations et des associations. L’objectif ? Garantir son application concrète sur l’ensemble du territoire. »

Ce projet prend tout son sens dans un pays où 88 % du sol est recouvert de forêts et qui abrite 13 parcs nationaux. La SPANB 2022-2030 doit ainsi servir de référence pour harmoniser protection de l’environnement, exploitation des ressources et développement économique.

Un défi de taille subsiste : sans un financement dédié et sans une implication active des collectivités locales, des acteurs économiques et des communautés locales, cette stratégie pourrait rester lettre morte.