Gabon : un partenariat industriel marocain de 40 millions d’euros pour booster la construction

En mai 2026, dans le cadre d’une cérémonie officielle au Palais Rénovation de Libreville, le patron du groupe CIMAF, Anas Sefrioui, et le président de la transition gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, ont officialisé un accord historique. Cet engagement financier s’élève à 40 millions d’euros et vise à moderniser l’usine d’Owendo en y ajoutant une troisième ligne de production. Cette initiative répond à une demande croissante en matériaux de construction, stimulée par l’accélération des grands projets d’infrastructures au Gabon.

Une stratégie industrielle ambitieuse pour le Gabon

Cet investissement ne se limite pas à un simple apport technique. Il s’accompagne d’une volonté affichée des autorités gabonaises de renforcer leur rôle dans la gestion de l’entreprise. Le gouvernement gabonais prévoit ainsi d’augmenter sa participation au capital de la filiale locale, passant de 10 % à 20 %. Une première acquisition de 10 % avait été réalisée en décembre 2025. Cette démarche reflète une volonté de souveraineté économique, dans la continuité d’une politique lancée en août 2023. L’objectif ? Transformer les investissements étrangers en partenariats où l’État local peut exercer un contrôle direct sur les décisions stratégiques.

CIMAF réoriente son expansion vers l’Afrique

Pour le groupe marocain CIMAF, dirigé par Anas Sefrioui, cette opération s’inscrit dans une refonte majeure de son portefeuille. Le cimentier a choisi de se désengager progressivement du marché européen, jugé saturé et soumis à une concurrence intense. La vente simultanée de sa dernière usine en France confirme cette réorientation. Le continent africain, en revanche, représente un terrain de croissance incontournable, avec des besoins colossaux en infrastructures et en logements collectifs.

Un modèle économique innovant pour le Gabon

Cette collaboration marque aussi un tournant dans la stratégie des acteurs privés marocains. Longtemps concentrés sur l’Afrique de l’Ouest, les groupes industriels du Maroc étendent désormais leur influence en Afrique centrale. Pour le Gabon, dont l’économie dépend encore largement des revenus pétroliers, ce partenariat public-privé constitue une opportunité unique. Il permet de tester un nouveau modèle de développement, combinant expertise marocaine, soutien étatique gabonais et intégration régionale renforcée.