Gabon : la refondation exige une « doctrine d’État » fondée sur la planification et l’évaluation

La refondation du Gabon ne pourra pas se contenter de simples ajustements cosmétiques. C’est le plaidoyer fort qu’a formulé Yves Fernand Manfoumbi, ancien directeur général du budget et ancien ministre, dans une tribune publiée sur sa page Facebook ce 15 juillet 2026. Pour ce technocrate chevronné, le pays doit opérer un virage conceptuel radical en délaissant la gestion au jour le jour pour embrasser une véritable vision de long terme.

Dressant un constat lucide sur la trajectoire du pays, l’ancien ministre regrette que l’action publique ait trop longtemps fonctionné en mode réaction face aux crises. Or, rappelle-t-il, « aucun État ne devient puissant dans l’improvisation ». Pour appuyer sa démonstration, Yves Fernand Manfoumbi cite en exemple des nations comme Singapour, la Corée du Sud ou, plus près de nous, le Rwanda, qui ont su transformer leur destin grâce à une discipline de fer en matière de prospective.

Pourtant, le Gabon ne manque pas d’arguments pour réussir sa propre mutation. Disposant de richesses naturelles abondantes, d’une forêt préservée et d’une jeunesse dynamique, le pays a toutes les cartes en main. Le défi réside désormais dans la méthode.

Une exigence de résultats et de redevabilité

Selon le haut fonctionnaire, cette transition vers l’efficacité repose sur trois piliers indissociables. D’abord, une planification rigoureuse où « chaque réforme doit poursuivre un objectif précis ». Ensuite, une systématisation de l’évaluation, car « une politique publique qui n’est pas mesurée finit toujours par coûter plus qu’elle ne rapporte ». 

Enfin, l’anticipation face aux grands enjeux mondiaux tels que l’intelligence artificielle ou le changement climatique. Pour lui, le rôle des dirigeants doit profondément changer : « Gouverner, ce n’est pas annoncé ; c’est produire des résultats. »

Bâtir les institutions du XXIe siècle

Pour que la vision du chef de l’État se concrétise, cette rigueur doit désormais irriguer tous les échelons de l’appareil public. Yves Fernand Manfoumbi conclut sa réflexion en rappelant une vérité essentielle à l’heure de la mondialisation : « Le XXIᵉ siècle ne consacrera pas les nations les plus riches, mais celles qui gouvernent le mieux. ». 

Pour réussir ce rendez-vous historique, la planification et l’anticipation ne doivent plus être de simples options, mais s’imposer comme la clé de voûte de l’action publique gabonais