Gabon : justice Gabon détention opposant — le maintien en prison de l’ex-Premier ministre confirmé
L’opposant gabonais Alain-Claude Bilie-By-Nze, figure majeure de la scène politique nationale, reste incarcéré après le rejet de sa demande de libération par la cour d’appel de Libreville. Une décision qui prolonge une détention déjà largement contestée par ses soutiens et ses avocats.
Une procédure judiciaire sous le feu des critiques
Ancien Premier ministre sous le régime d’Ali Bongo, Alain-Claude Bilie-By-Nze a vu sa demande de nullité de procédure rejetée mardi par la justice gabonaise. Ses avocats dénoncent une détention arbitraire, estimant que les faits présumés d’abus de confiance et d’escroquerie, datant de 2008, sont prescrits et dépourvus de fondement pénal solide. Selon eux, la procédure aurait été entachée d’irrégularités dès les premières heures de sa garde à vue, notamment en raison d’un accès limité à ses défenseurs.
Un opposant en première ligne contre le pouvoir en place
Principal rival du président Brice Oligui Nguema lors de l’élection présidentielle de 2025, Alain-Claude Bilie-By-Nze s’était illustré par ses prises de position critiques envers le gouvernement, notamment sur les mesures restrictives comme la suspension des réseaux sociaux ou la réforme controversée du code de la nationalité. Son arrestation, intervenue peu après son échec électoral, a été interprétée par ses partisans comme une manœuvre politique visant à museler l’opposition.
Des garanties procédurales bafouées selon la défense
Me Arthur Vercken, avocat de l’opposant, a dénoncé dans un communiqué une « violation grave » des droits fondamentaux et du droit gabonais. Il évoque des conditions d’interpellation jugées « brutales » et une privation d’accès à ses conseils juridiques lors des premières heures de sa détention provisoire. Le parti Ensemble pour le Gabon, dont il est membre, a également pointé du doigt une justice instrumentalisée à des fins politiques.
Le président Oligui Nguema défend l’indépendance de la justice
Interrogé sur cette affaire, Brice Oligui Nguema a fermement rejeté toute immixtion de l’exécutif dans le processus judiciaire. « Il s’agit d’une affaire privée, je n’ai aucun rôle à y jouer », a-t-il déclaré, insistant sur le principe constitutionnel de séparation des pouvoirs. Depuis son arrivée au pouvoir, plusieurs figures de l’opposition ont été mises en cause dans des affaires judiciaires, alimentant les suspicions d’une justice sélective.