Gabon : coup d’envoi de l’évaluation sur la lutte contre la corruption à Libreville

Un nouveau chapitre pour l’intégrité publique au Gabon

Le 29 juin 2026, la capitale gabonaise a accueilli le lancement des travaux du « Dialogue-direct » lié au deuxième cycle du mécanisme d’examen de l’application de la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC). Présidée par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, cette mission d’évaluation réunit durant quatre jours des experts de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), des techniciens des administrations locales et des partenaires internationaux.

Engagé dans cette convention internationale depuis le 1er octobre 2007, le Gabon ambitionne de consolider ses réformes internes. L’objectif est de renforcer la transparence, de promouvoir une gestion responsable des deniers publics et d’optimiser la gouvernance au sein des institutions nationales.

L’intégrité comme moteur de croissance économique

Lors de l’ouverture officielle, Hermann Immongault a rappelé que l’assainissement des finances publiques et la lutte contre les pratiques illicites sont des piliers du développement. « L’intégrité publique favorise la performance de l’action gouvernementale, sécurise l’investissement, renforce la compétitivité de l’économie et crée les conditions d’un développement durable, inclusif et équitable », a-t-il précisé.

Cette vision est partagée par Séraphin Ondoumba, membre de la Commission nationale de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite (CNLCEI). Pour ce point focal de l’ONUDC, ces échanges permettent de mieux valoriser les efforts du pays tout en intensifiant la coopération entre les États parties pour adopter les meilleures pratiques mondiales.

Focus sur la prévention et le recouvrement des avoirs

Cette mission d’évaluation constitue une phase cruciale du deuxième cycle d’examen de la Convention. Elle se concentre prioritairement sur les dispositifs de prévention et les mécanismes de récupération des biens mal acquis. Mohamed Cherbal, chef de mission de l’ONUDC, a indiqué que les experts analyseront en profondeur le cadre juridique et institutionnel gabonais, notamment l’application des dispositions relatives au recouvrement des avoirs.

Cette étape s’inscrit dans la continuité d’un premier cycle lancé en 2010, durant lequel le Gabon avait été évalué sur la coopération internationale et l’incrimination. À cette époque, des experts de la Sierra Leone et de la République démocratique populaire lao s’étaient rendus sur place en 2015 pour une première analyse.

Pour le président de la CNLCEI, Nestor Mbou, ce dialogue est une chance d’identifier les progrès, mais aussi les défis persistants. Les recommandations qui découleront de ces travaux serviront à orienter les futures réformes pour bâtir une administration plus efficace et redevable envers les citoyens gabonais.