Frappes meurtrières de l’Africa Corps au Mali : huit civils dont trois enfants tués
Une enquête approfondie menée par une organisation internationale de défense des droits humains révèle des violations graves du droit de la guerre lors d’une opération militaire au centre du Mali. Les faits, survenus le 15 juin dans le village de Kyrnia (région de Mopti), ont coûté la vie à huit civils, dont trois enfants, et blessé trois autres personnes.
Selon les investigations, un avion de combat Soukhoï Su-24 d’origine russe, appartenant à l’Africa Corps et opérant sous le contrôle des autorités maliennes, aurait ciblé des infrastructures civiles. Les frappes ont détruit la résidence du chef du village ainsi qu’un marché aux bestiaux, sans causer de dégâts parmi les groupes armés présents dans la zone.
Violations flagrantes du droit international humanitaire
« Ces attaques constituent une violation manifeste des conventions de Genève », a dénoncé une experte en conflits au Sahel. Elle souligne que les opérations militaires doivent respecter strictement le principe de proportionnalité et d’indiscrimination entre civils et combattants. Les frappes de Kyrnia, sans cible militaire identifiable, illustrent un mépris des règles fondamentales du conflit armé.
Méthodologie d’enquête rigoureuse
L’enquête s’est appuyée sur un panel diversifié de sources : témoignages recueillis auprès de 19 personnes (habitants, représentants de la société civile, militaires locaux et journalistes), analyse d’images satellites des zones bombardées, ainsi que des documents visuels publiés par des groupes armés. Les preuves convergent vers une responsabilité directe de l’Africa Corps dans ces drames humains.
Responsabilités politiques et militaires en question
Les autorités maliennes, dirigées par le général Assimi Goïta, ont renforcé leur partenariat sécuritaire avec la Russie ces dernières années, notamment après le retrait des forces françaises et onusiennes. Cette collaboration, bien que justifiée par la lutte contre le terrorisme, expose Bamako à des accusations de complicité dans les exactions commises par ses alliés.
« Les dirigeants maliens ne peuvent ignorer les conséquences juridiques de ces actes », a déclaré l’enquêteuse. Elle exige que la junte ouvre une enquête indépendante et transparente sur ces événements, incluant les frappes de Kyrnia et d’autres cas potentiels de crimes de guerre.
Les familles des victimes, désormais privées de leurs proches, réclament justice dans un contexte où les tensions entre sécurité nationale et respect des droits humains atteignent un point critique.