Frappes aériennes à Kidal : l’armée malienne intensifie ses opérations

Des combattants du Front national de libération de l’Azawad (FLA) dans les rues de Kidal en mai 2026

Quatre attaques aériennes ciblant Kidal ont été lancées dans la nuit de mercredi à jeudi. Les impacts ont causé d’importants dégâts matériels selon un témoin sur place, qui a souhaité conserver l’anonymat. Une des frappes a détruit un bâtiment près d’un ancien marché local, tandis qu’une autre a laissé un cratère profond dans l’enceinte du gouvernorat de la ville. Kidal, reprise fin avril par le Front national de libération de l’Azawad (FLA), allié au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), est désormais sous leur contrôle.

Un officier basé à Mopti, au centre du Mali, a confirmé depuis le poste de commandement de l’armée malienne : « Nous procédons à des frappes sélectives en suivant une stratégie précise. L’intensité de ces opérations va s’accentuer dans les prochains jours. »

Une ville sous tension et désertée

Kidal, ville stratégique du nord du pays, affichait un calme inhabituel jeudi matin. Peu de véhicules circulaient dans les rues, et de nombreux habitants auraient quitté la ville pendant la nuit, rapportent les observateurs locaux.

La situation sécuritaire au Mali reste extrêmement tendue. Le pays fait face à une crise sans précédent depuis les attaques coordonnées menées par les groupes jihadistes et la rébellion du FLA contre les positions de la junte à Bamako.

Le FLA étend son emprise sur le nord malien

Lors de leur offensive récente, les combattants du FLA, en collaboration avec le Jnim, ont pris le contrôle de Kidal, la plus grande ville du nord. Cette rébellion indépendantiste, majoritairement touarègue mais aussi composée de communautés arabes, revendique la création d’un État autonome : l’Azawad. Ce territoire englobe les régions administratives de Kidal, Gao, Ménaka et Tombouctou.

Les revendications du FLA s’inscrivent dans un long conflit opposant cette rébellion à l’État malien. Depuis des décennies, les communautés touarègues dénoncent leur marginalisation politique et économique, avec Kidal comme symbole de cette lutte.