Franck Nguema appelle à une réforme de la CNAMGS pour des soins de santé concrets au Gabon

À l’occasion d’une rencontre avec la presse organisée ce 8 juin 2026 à Akanda, l’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, Franck Nguema, a formulé un plaidoyer vigoureux pour une restructuration majeure de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS). S’appuyant sur les données du rapport 2025 de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), il a clarifié que le débat ne porte pas sur l’utilité de l’institution, mais sur son efficacité opérationnelle.

Pour l’ancien responsable gouvernemental, les critiques ne doivent pas viser l’existence même de la CNAMGS, mais plutôt sa capacité à offrir un accès véritable aux prestations médicales. Il a précisé que les observations internationales ne remettent pas en cause la probité du système, mais soulignent l’impérieuse nécessité d’une modernisation profonde pour répondre aux attentes des populations.

Le Gabon affiche aujourd’hui un taux de couverture administrative impressionnant, atteignant près de 76 % de ses citoyens. Cependant, Franck Nguema souligne que ce chiffre reste théorique si les assurés se heurtent à des obstacles quotidiens : difficultés à consulter un spécialiste, pénuries de médicaments en pharmacie ou délais d’hospitalisation trop longs. Ce décalage entre l’affiliation officielle et la réalité du terrain génère un sentiment de frustration qui menace la pérennité du contrat social.

Vers une garantie de couverture médicale effective

Afin de corriger ces dysfonctionnements, Franck Nguema propose l’instauration d’une « garantie nationale de couverture médicale effective ». Selon cette vision, la performance de la CNAMGS ne devrait plus être mesurée par le volume de cartes délivrées, mais par des indicateurs concrets de santé publique. Parmi ces critères figurent la disponibilité immédiate des traitements, la réduction du reste à charge pour les familles et la fluidité du parcours de soins.

Cette approche marquerait un tournant décisif dans la gestion de la protection sociale au Gabon. En plaçant l’obligation de résultats sanitaires au sommet des priorités, la CNAMGS deviendrait un levier puissant de lutte contre la précarité. L’ancien ministre exhorte ainsi les autorités à engager cette mutation ambitieuse pour transformer une gestion purement administrative en un système de santé réellement protecteur pour tous les Gabonais.