Forum économique du Gabon 2026 : le patronat exige un audit de la CNAMGS et l’apurement de la dette

Le Gabon Economic Forum (GEF) 2026 s’est tenu à la Cité de la Démocratie de Libreville, marquant un tournant décisif pour le monde des affaires. Sous l’impulsion de la Fédération des entreprises du Gabon (FEG), ce rassemblement a réuni les forces vives de l’économie nationale. Pour cette édition, le patronat a fait le choix fort d’une organisation et d’un financement exclusivement privés, illustrant une volonté d’indépendance vis-à-vis des institutions publiques pour mieux porter les réformes nécessaires.

Au cœur des échanges, deux problématiques majeures ont dominé les débats : la gestion financière de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) et le règlement de la dette intérieure. À travers huit ateliers thématiques, les entrepreneurs ont élaboré des propositions concrètes destinées à l’exécutif pour relancer l’activité économique.

La transparence de la CNAMGS au centre des préoccupations

La FEG a officiellement sollicité un audit approfondi de la CNAMGS, pilier de la protection sociale au Gabon. Les entreprises, qui contribuent de manière significative au financement de cet organisme, pointent du doigt un manque de visibilité sur la gestion des fonds et des défaillances dans la qualité des prestations. Les retards de paiement aux structures de santé partenaires font craindre pour la pérennité du système.

Pour les leaders économiques, cette expertise indépendante est une condition sine qua non avant d’engager toute transformation du modèle social. La clarification des flux financiers est perçue comme un levier indispensable pour restaurer un climat de confiance entre le secteur privé cotisant et l’administration publique, particulièrement dans cette période de transition politique.

Un plan stratégique pour l’apurement de la dette intérieure

L’autre dossier brûlant concerne la dette de l’État envers ses fournisseurs locaux. La FEG a soumis aux autorités un schéma précis pour l’apurement de ces arriérés qui étouffent la trésorerie des PME gabonaises. Ces dernières, piliers du tissu économique, se retrouvent souvent dans l’incapacité de se développer ou de payer leurs propres charges en raison des impayés publics.

La proposition du patronat repose sur une certification rigoureuse des créances, un calendrier de paiement échelonné et un mécanisme de suivi transparent impliquant les représentants du secteur privé. L’objectif est clair : garantir que les engagements de l’État soient honorés de manière équitable et pérenne, renforçant ainsi la crédibilité financière du Gabon sur la scène nationale et internationale.

Une nouvelle ère pour le dialogue public-privé

En finançant intégralement cet événement, la FEG rompt avec les habitudes de co-organisation institutionnelle. Ce positionnement affirme le rôle du secteur privé comme une force de proposition autonome, capable de définir ses propres priorités. Ce changement de paradigme intervient alors que le Gabon cherche à diversifier son économie, traditionnellement dépendante des ressources extractives comme le pétrole.

Les thématiques abordées, allant de la fiscalité à la formation professionnelle, témoignent de l’ambition des chefs d’entreprise de participer activement à la construction d’un nouvel environnement des affaires. Il appartient désormais aux autorités de se saisir de ces recommandations pour transformer ces échanges en actions concrètes.