Le Sénégal relance enfin le dossier épineux du foncier après des mois d’immobilisme
Un tournant décisif vient d’être marqué dans la gestion du foncier au Sénégal. Le Secrétariat général du Gouvernement a rendu public un communiqué officiel mettant un terme au gel administratif qui paralysait depuis plusieurs mois le traitement des dossiers fonciers. Cette annonce intervient comme une bouffée d’oxygène pour l’ensemble des acteurs du secteur immobilier et des citoyens concernés par ces questions.
Ce document historique lève définitivement l’interdiction qui pesait sur plusieurs projets stratégiques, ouvrant ainsi la voie à leur régularisation administrative et juridique. Les mesures conservatoires, instaurées sous l’ancienne direction de la Primature, concernaient des aménagements majeurs répartis sur l’ensemble du territoire national.
Les projets concernés par le dégel foncier
Parmi les sites les plus emblématiques concernés par cette levée de suspension figurent :
- Les lotissements d’envergure nationale : « BOA », « Hangar des Pèlerins », « Recasement 2 », « EGBOS », « EOGEN et EOGEN-extension », ainsi que « Mbour IV à Thiès » ;
- Les Plans d’Urbanisme de Détail (PUD) des zones de « Guédiawaye », « Yeumbeul-Malika-Tivaouane Peulh » et la « Nouvelle Ville de Thiès » ;
- Les pôles urbains stratégiques comme « Déni Biram Ndao-Diaksao-Bambilor » et « Daga Kholpa et Yenne » ;
- Le site de « Ndiebène Gandiole » sur le titre foncier domanial n°136/SL, situé dans la zone nord.
Une reprise en main immédiate du dossier foncier
Le gouvernement a fixé une feuille de route ambitieuse pour le second semestre 2026. L’objectif affiché est double : accélérer la régularisation des situations des acquéreurs de bonne foi tout en assainissant durablement le secteur. Plusieurs actions concrètes ont déjà été engagées :
Des arbitrages prioritaires : Le Premier ministre a donné instruction formelle au Comité chargé du suivi des recommandations issues des audits fonciers de finaliser, d’ici la fin de l’année, l’ensemble des actes administratifs nécessaires en coordination avec les administrations compétentes.
Une protection renforcée des acquéreurs légitimes : Seuls les détenteurs de titres ne présentant aucun vice de forme ou de fond seront éligibles aux régularisations. L’exécutif exclut catégoriquement les cas d’accaparement de parcelles multiples, garantissant ainsi une distribution équitable des terres.
Des sanctions dissuasives : Les autorités rappellent avec fermeté l’interdiction absolue de toute reprise sauvage de travaux sans autorisation préalable. Les contrevenants s’exposent à des mesures répressives immédiates.
Les personnes et structures concernées sont vivement encouragées à se rapprocher sans délai des services compétents pour déposer leurs demandes de mainlevée ou de régularisation. Les canaux dédiés sont désormais opérationnels :
- Le Secrétariat du Comité via la Direction générale de la Surveillance des Constructions et des Opérations Spatiales (DGSCOS) sur la VDN ;
- La Direction générale de l’Urbanisme à Diamniadio.
Un secteur foncier en quête de transparence
Cette dynamique nouvelle s’inscrit dans une volonté affichée de transparence et d’efficacité administrative. L’exécutif mise sur cette accélération pour redynamiser l’économie locale et redonner confiance aux investisseurs privés comme aux citoyens. La reprise des attributions de terrains devrait également contribuer à apaiser les tensions sociales liées aux litiges fonciers récurrents.
Les prochains mois s’annoncent décisifs pour l’ensemble des parties prenantes du secteur foncier sénégalais. La réussite de cette transition administrative dépendra en grande partie de la réactivité des services concernés et de l’engagement sans faille des autorités compétentes.