Diomaye Faye officialise son parti « kiiraay » pour marquer sa souveraineté politique

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Diomaye Faye officialise son parti « kiiraay » pour marquer sa souveraineté politique

Le président Sénégalais Bassirou Diomaye Faye a présenté ce samedi à Dakar son tout nouveau parti politique, « Kiiraay », scellant ainsi une rupture désormais publique avec son ancien mentor Ousmane Sonko. Ce dernier, figure panafricaniste et fondateur du parti Pastef, avait pourtant contribué activement à l’accession de Faye au pouvoir en 2024. Dès son élection, Faye l’avait nommé Premier ministre, mais les tensions entre les deux hommes se sont intensifiées, conduisant à son limogeage en mai dernier.

Le président Bassirou Diomaye Faye lors de l'annonce de son nouveau parti politique Kiiraay à Dakar

C’est dans une salle comble de la capitale sénégalaise que le chef de l’État a dévoilé « Kiiraay », un parti dont le nom, issu du wolof, signifie « protection » ou « bouclier ». Sous une chaleur étouffante, des centaines de ses partisans se sont rassemblés à l’extérieur, brandissant des banderoles et des foulards aux couleurs de son mouvement. Le slogan « Patriotes républicains » a été officiellement adopté pour incarner les valeurs portées par ce nouveau parti : « république, éthique, transparence, fraternité et travail ».

Parmi la foule, Mamo Khady Sall, originaire de Yeumbeul, a exprimé son soutien sans réserve à Faye : « C’est un homme de paix, contrairement à d’autres qui divisent ». Son refus catégorique d’évoquer Ousmane Sonko illustre l’ampleur de la fracture entre les deux figures politiques. Pourtant, c’est bien grâce à Sonko et à sa rhétorique panafricaniste que Faye avait su séduire une jeunesse sénégalaise en quête de changement, après des années de gouvernance sous Macky Sall (2012-2024). Leur alliance initiale promettait une refonte économique, une justice sociale renforcée et une lutte sans merci contre la corruption.

Un parti majoritaire pour une nouvelle ère

Face à des centaines de maires, responsables locaux et personnalités de la société civile, Faye a affirmé avec conviction : « Kiiraay est le parti majoritaire de ce pays ». Cette déclaration s’appuie sur les récentes démissions de cadres et militants du Pastef en faveur du camp présidentiel. Selon ses proches collaborateurs, le parti organisera prochainement un congrès, dès la fin de la saison des pluies. Il est indéniable que Faye doit son accession à la présidence à Sonko, dont la candidature à l’élection de 2024 avait été invalidée pour des raisons judiciaires, l’empêchant ainsi de briguer le pouvoir.

Divergences politiques et luttes de pouvoir

Les tensions entre les deux hommes se sont cristallisées autour de la gestion de la dette publique et de choix stratégiques divergents. Le 22 mai, Faye a destitué Sonko de son poste de Premier ministre. En réponse, les partisans de ce dernier l’ont élu président de l’Assemblée nationale, où le Pastef détient 130 des 165 sièges. Une loi visant à réduire les prérogatives présidentielles a même été adoptée fin juin, interdisant notamment au chef de l’État de diriger un parti politique. Cependant, le Conseil constitutionnel a invalidé cette disposition moins de quinze jours plus tard, confirmant ainsi la résistance des institutions face aux velléités de contrôle accrues.