Le Sénégal active désormais son dispositif diplomatique pour promouvoir la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies. Cette décision, officialisée après une rencontre entre l’ancien et le nouveau président à Dakar, marque un tournant dans la stratégie internationale du pays.
Une alliance inattendue sous le ciel dakarois
Ce revirement diplomatique tranche avec la position adoptée par le Sénégal en mars 2026. À l’époque, Dakar figurait parmi les États africains ayant refusé de soutenir la candidature de Macky Sall, portée par le Burundi dans le cadre de la présidence tournante de l’Union africaine. Pourtant, l’audience du 17 juillet au Palais de la République a suffi à lever ces réserves, dans un climat apaisé malgré les tensions persistantes issues de la transition politique de 2024.
Bassirou Diomaye Faye a reçu Macky Sall pour une entrevue qui a permis de tourner la page des dissensions passées, offrant ainsi un nouveau souffle à la candidature sénégalaise.
Une compétition serrée pour le leadership onusien
Macky Sall doit désormais affronter trois adversaires de renom pour succéder à António Guterres, dont le mandat prendra fin le 31 décembre 2026. Parmi ses concurrents figurent Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili et ex-Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Rafael Grossi, directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique, et Rebecca Grynspan, secrétaire générale de la CNUCED.
Le soutien du Sénégal représente un atout majeur pour Macky Sall, qui peut compter sur l’ensemble du réseau diplomatique de son pays. Le ministère des Affaires étrangères a d’ores et déjà annoncé la mobilisation de toutes les représentations sénégalaises à l’étranger pour défendre cette candidature.
Contexte politique : entre héritages et nouvelles priorités
Cette volte-face intervient dans un contexte marqué par les séquelles de la transition de 2024. Bassirou Diomaye Faye, élu en mars 2024 avec le soutien du parti Pastef, avait promis une rupture avec l’ère Macky Sall. Pourtant, le soutien accordé à ce dernier est perçu par certains observateurs comme un geste de continuité républicaine, permettant à Diomaye Faye de consolider une coalition politique élargie.
Plusieurs dossiers sensibles, notamment les demandes de reddition de comptes liées aux répressions sous l’ancien régime, restent en suspens. Pourtant, cette décision diplomatique pourrait renforcer la stabilité politique intérieure en apaisant les clivages partisans.
Avec une population de 18 millions d’habitants et son statut de membre fondateur de la CEDEAO, dont Diomaye Faye préside actuellement la conférence des chefs d’État, le Sénégal joue un rôle clé dans les équilibres diplomatiques ouest-africains. Son ralliement pourrait influencer d’autres capitales africaines encore indécises.
Banjul, étape décisive d’une tournée diplomatique
Après avoir obtenu le soutien de Dakar, Macky Sall s’est rendu à Banjul le 17 juillet pour s’entretenir avec le président gambien Adama Barrow. Cette tournée régionale s’inscrit dans une stratégie de lobbying intensif auprès des chefs d’État africains, visant à fédérer un consensus en sa faveur.
Le choix du prochain secrétaire général des Nations unies se jouera dans les prochains mois au Conseil de sécurité, où les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto. La capacité de Macky Sall à rassembler une majorité africaine sera déterminante face à des candidatures soutenues par d’autres blocs régionaux.