Abidjan a franchi une étape majeure dans la valorisation des sous-produits agricoles. Ce jeudi, une unité de production de biochar d’envergure a été officiellement lancée à Attinguié, dans la zone industrielle PK 31, en périphérie de la capitale économique ivoirienne. Cette infrastructure, portée par le groupe Valency International, marque un tournant dans l’exploitation des coques de cajou, autrefois considérées comme de simples déchets.
La cérémonie d’inauguration, présidée par le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat Kalil Konaté, a réuni les principaux acteurs institutionnels et économiques du pays. Objectif affiché : transformer des milliers de tonnes de résidus en ressources stratégiques pour les secteurs énergétique et industriel.
Cette installation, présentée comme la première du genre en Afrique en termes de capacité commerciale, dispose d’une capacité de traitement impressionnante. Elle pourra absorber jusqu’à 20 000 tonnes de coques de cajou par an, issues de la transformation de l’anacarde. Grâce à une technologie innovante, elle produira environ 6 000 tonnes de biochar, tout en générant simultanément du biocarburant et de l’énergie propre. Une avancée majeure pour une filière jusqu’alors confrontée à un problème de gestion des déchets.
« Cette initiative illustre parfaitement notre capacité à convertir des sous-produits agricoles en leviers de développement industriel durable », a souligné le ministre Kalil Konaté lors de son discours. Il a également mis en avant le potentiel de création d’emplois et de croissance économique généré par ce projet, tout en renforçant l’autonomie énergétique du pays.
Cette unité industrielle s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale visant à booster la transformation locale de l’anacarde. Premier producteur mondial de noix de cajou brute, la Côte d’Ivoire mise désormais sur l’économie circulaire pour maximiser les retombées de cette culture phare. En valorisant ses sous-produits, le pays réduit son empreinte environnementale tout en diversifiant son industrie.
Les autorités ont réaffirmé leur soutien aux projets industriels innovants, soulignant leur rôle clé dans l’émergence d’une économie plus résiliente et compétitive. Cette infrastructure ouvre ainsi de nouvelles perspectives pour la filière anacarde, confirmant l’ambition des dirigeants ivoiriens de faire de la transformation industrielle un pilier du développement économique durable.