Côte d’Ivoire : un rapport pour aligner les compétences des jeunes sur les besoins du marché du travail
L’Agence nationale de la formation professionnelle (AGEFOP), organisme public ivoirien dédié à l’ingénierie de la formation, a dévoilé un rapport d’étude inédit lors d’une cérémonie organisée à Abidjan. Cette étude, menée dans le cadre du programme Passeport-Compétences, vise à réconcilier les compétences des jeunes avec les exigences réelles du marché de l’emploi.
Une étude pilote pour cartographier les besoins en compétences
La première phase de cette enquête a été conduite dans trois zones stratégiques : la région du Sud-Comoé, la commune de Yopougon et le District des Savanes. Plus de 800 structures, couvrant aussi bien le secteur formel qu’informel, ont participé à cette analyse approfondie. Les résultats serviront de base à un déploiement national imminent.
L’État ivoirien engage une transformation structurelle de la formation professionnelle
Dr Eugène Aka Aouélé, président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), a souligné l’importance de cette initiative : « L’ajustement entre formation et emploi n’est pas une utopie, mais une démarche fondée sur des données tangibles. Ce rapport constitue une photographie précise de notre paysage professionnel et servira de guide stratégique pour les futures politiques publiques en matière de formation. » Il a également rappelé l’engagement constant du président Alassane Ouattara en faveur de la jeunesse et de l’employabilité.
Selon lui, le programme Passeport-Compétences apporte des solutions concrètes à l’un des défis majeurs de notre époque. « Ce dispositif ne se limite pas à former : il certifie l’expérience acquise. C’est une avancée majeure pour valoriser le capital humain. Aux jeunes, je dis que ce programme est un engagement fort entre l’État et eux. Il démontre notre volonté de faire de leur compétence leur meilleur atout pour réussir. »
Une vision ambitieuse portée par les plus hautes autorités
Maître Adama Kamara, ministre de l’Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle, a précisé que ce programme ne vise pas à corriger un échec, mais à amplifier une dynamique positive. « Notre objectif est que la croissance économique se traduise en emplois qualifiés. »
Il a détaillé les quatre axes principaux du programme :
- Identifier les besoins en compétences à l’échelle nationale ;
- Former et insérer les bénéficiaires dans le tissu économique ;
- Certifier les travailleurs du secteur informel grâce à la validation des acquis de l’expérience ;
- Offrir aux entreprises une main-d’œuvre qualifiée et adaptée.
« Grâce aux retours terrain, nous ajusterons les programmes de formation pour les ancrer dans les réalités des employeurs. Nous orienterons les ressources vers les secteurs et zones les plus en tension, tout en renforçant les partenariats entre entreprises, collectivités et services de l’État. »
La Formation professionnelle reconnue comme levier stratégique
Karitia Coulibaly De Medeiros, directrice générale de l’AGEFOP, a salué la vision du président Ouattara, qui a fait du développement du capital humain un pilier de la transformation économique et sociale du pays.
« La formation professionnelle n’est plus perçue comme une dépense sociale, mais comme un investissement stratégique. Elle est désormais un levier de compétitivité, de création d’emplois, d’inclusion sociale et de prospérité durable. »
Elle a expliqué que le programme Passeport-Compétences repose sur une approche innovante : « On ne forme efficacement que lorsque l’on connaît les compétences réelles dont un territoire, une entreprise ou un secteur a besoin. Nous sommes partis du terrain pour écouter les entreprises, analyser l’évolution des métiers et anticiper les compétences de demain. »
En rapprochant les acteurs économiques, les collectivités et les centres de formation, l’AGEFOP mise sur une formation utile, durable et efficace. « Ce programme crée un langage commun entre tous les acteurs : entreprises, collectivités, établissements de formation, populations et pouvoirs publics. Il positionne la compétence comme un bien stratégique au service de la Nation. »
Elle a conclu en affirmant que l’objectif de l’AGEFOP est clair : « Permettre à chaque Ivoirien de transformer son potentiel en une compétence reconnue, et faire de celle-ci un passeport vers l’emploi, l’autonomie et la dignité. »
Lancé officiellement en mars 2025 à Grand-Bassam, le programme Passeport-Compétences s’inscrit dans la stratégie nationale de développement du capital humain. Il vise à renforcer les capacités professionnelles des populations pour faciliter leur insertion durable sur le marché du travail.