Le Jnim, un groupe djihadiste qui défie la stabilité du Mali
Menace grandissante pour Bamako, le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (Jnim) incarne aujourd’hui la principale force djihadiste au Sahel. Affilié à Al-Qaïda, ce groupe terroriste ambitionne de s’emparer de la capitale malienne et d’y instaurer un émirat islamique. Voici ce qu’il faut savoir sur cette organisation qui bouleverse la sécurité régionale.
Le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (Jnim), groupe armé affilié à Al-Qaïda, représente aujourd’hui la plus grande menace terroriste au Mali. Depuis sa création en 2017, il a progressivement étendu son influence en s’appuyant sur des alliances stratégiques et une idéologie rigoriste. Son objectif affiché ? Établir un émirat islamique dans le Sahel, mettant en péril la souveraineté du Mali et la sécurité de ses citoyens.
Né de la fusion de quatre organisations djihadistes actives dans la région, le Jnim a vu son pouvoir s’accroître après le départ des forces françaises de l’opération Barkhane. Dirigé par Iyad Ag Ghali, ancien diplomate et rebelle touareg, ce groupe compte désormais près de 5 000 combattants. Son influence grandissante se manifeste par des offensives militaires coordonnées avec des factions touarègues, notamment depuis avril 2025.
Origines et montée en puissance du Jnim
Le Jnim a été officiellement fondé le 2 mars 2017, marquant une étape cruciale dans l’unification des groupes djihadistes du Sahel sous la bannière d’Al-Qaïda. Parmi ses membres fondateurs figuraient des figures emblématiques du terrorisme régional, dont Iyad Ag Ghali, qui en est devenu l’émir.
Ce groupe a rapidement gagné en puissance grâce à une stratégie combinant attaques ciblées, recrutement local et contrôle économique. Après le retrait des troupes françaises du Mali, le Jnim a profité du vide sécuritaire pour étendre son emprise territoriale, repoussant les forces gouvernementales maliennes et les mercenaires russes engagés pour soutenir la junte.
Une idéologie radicale au service d’un projet politique
L’idéologie du Jnim repose sur un islam rigoriste, prônant l’instauration d’un émirat islamique dans le Sahel. Ses membres rejettent toute forme de gouvernement laïc et considèrent la charia comme la seule loi légitime. Cette vision extrémiste alimente les violences contre les populations civiles, les forces de sécurité et les symboles de l’État malien.
En septembre 2025, le groupe a imposé un blocus économique autour de Bamako, une manœuvre destinée à affaiblir la junte militaire et à préparer des offensives de plus grande envergure. Fin avril 2026, une offensive conjointe avec des rebelles touaregs a été lancée contre les positions gouvernementales, rapprochant dangereusement le Jnim de la capitale.
Enjeux et conséquences pour le Mali
La progression du Jnim pose des défis majeurs pour le Mali et ses partenaires régionaux. Si Bamako tombait aux mains des djihadistes, cela marquerait un tournant dramatique pour la stabilité du pays et du Sahel. Les citoyens malien seraient les premières victimes de ce projet totalitaire, avec des conséquences humanitaires, économiques et politiques désastreuses.
Face à cette menace, la junte militaire au pouvoir tente de mobiliser des ressources limitées pour contrer l’avancée du Jnim. Cependant, la situation reste critique, notamment en raison de la fragmentation des forces de sécurité et de l’absence de soutien international significatif.
Pour mieux comprendre les enjeux liés au Jnim, voici ses principales caractéristiques :
- Affiliation : Lié à Al-Qaïda, le Jnim fait partie d’un réseau terroriste international.
- Dirigeant : Iyad Ag Ghali, ancien diplomate et rebelle touareg, est l’émir du groupe.
- Effectifs : Environ 5 000 combattants, avec une capacité de recrutement en hausse.
- Stratégie : Combinaison d’attaques militaires, de blocus économiques et d’alliances locales (comme avec les Touaregs).
- Objectif : Établir un émirat islamique dans le Sahel, en commençant par le Mali.