L’ambiance était lourde à Boston ce lundi. La Mannschaft, autrefois crainte pour son sang-froid, a vécu un véritable cauchemar en s’inclinant face au Paraguay lors des 16es de finale de la Coupe du monde. Après un match nul (1-1) au terme du temps réglementaire et des prolongations, c’est la séance de tirs au but qui a scellé le destin des Allemands (4-3 t.a.b.), provoquant une onde de choc sur la planète football.
Ce scénario rappelle de vieux souvenirs, mais cette fois-ci, le dénouement a tourné au drame pour les triples champions du monde. Face au bloc défensif impénétrable de l’Albirroja, porté par des joueurs combatifs, l’Allemagne n’a jamais su trouver la faille décisive. Pour la troisième édition consécutive, la sélection allemande échoue à atteindre le top 16 mondial, une série noire inédite pour cette nation majeure.
Un échec historique aux tirs au but
Plus surprenant encore, l’Allemagne a perdu ce qui constituait historiquement son plus grand atout : la loterie des tirs au but. Jamais auparavant la sélection n’avait connu la défaite dans cet exercice lors d’un Mondial. En tribune de presse, la sidération des observateurs allemands était palpable face à ce désastre sportif.
Joshua Kimmich, capitaine d’une équipe déboussolée, n’a pas caché sa peine après la rencontre. Il a exprimé son immense déception, rappelant que les succès passés de la Mannschaft avaient bercé son enfance et qu’il aurait aimé offrir une telle joie aux supporters restés au pays. Le joueur du Bayern Munich a lui-même été au centre des interrogations tactiques, positionné dans un rôle hybride instable qui a semblé fragiliser le couloir droit, laissant Leroy Sané sans solution face au pressing adverse.
Les décisions de Julian Nagelsmann en question
Malgré l’ouverture du score par Kai Havertz de la tête après la mi-temps, les Allemands ont manqué de créativité. Les choix du sélectionneur Julian Nagelsmann sont aujourd’hui vivement contestés. Qu’il s’agisse de l’entrée en jeu tardive de Woltemade ou de la gestion de son effectif, le technicien est sous le feu des critiques.
Le cas du gardien de but cristallise particulièrement les tensions. Le rappel de Manuel Neuer, âgé de 40 ans, au détriment d’Oliver Baumann qui réalisait des performances solides, est perçu par certains comme une erreur stratégique majeure. Si Manuel Neuer a réalisé des arrêts importants durant le match et la séance de tirs au but, son retour aurait perturbé l’équilibre interne du groupe.

Quel avenir pour la sélection allemande ?
Interrogé sur son futur à la tête de l’équipe, Julian Nagelsmann a refusé de céder à la panique immédiate. Il a affirmé qu’il ne fuirait pas ses responsabilités tout en reconnaissant que des changements profonds étaient nécessaires. Le sélectionneur s’en remet désormais à la décision de sa fédération, tout en sachant que la pression populaire pour un renouvellement est immense.
De son côté, Joshua Kimmich a tenu à protéger son entraîneur, affirmant que les joueurs sur la pelouse étaient les premiers responsables de ce naufrage. « Ce n’était ni l’entraîneur, ni les médias, ni l’arbitre. C’était nous », a-t-il conclu. Pendant que l’Allemagne entame une nouvelle introspection douloureuse, d’autres nations favorites observent avec soulagement l’élimination de ce géant aux pieds d’argile.