Auguste miremont témoigne : l’héritage d’houphouët-boigny dans la gouvernance du président ouattara

auguste miremont témoigne : l’héritage d’houphouët-boigny dans la gouvernance du président ouattara

Auguste Miremont, figure historique de la Côte d’Ivoire et premier ministre de la Communication (1989-1993), a marqué plusieurs décennies de vie politique nationale. À 85 ans, cet homme d’État et des médias partage son expérience à travers un livre retraçant son parcours, « Auguste Miremont, d’Houphouët à Ouattara, en toute liberté… ». Son témoignage offre un éclairage unique sur les défis et les succès de la Côte d’Ivoire moderne.

Publié après des mois de travail minutieux, l’ouvrage dresse un portrait intime de la politique ivoirienne, des années Houphouët-Boigny aux présidences successives. Mais au-delà de son parcours personnel, Auguste Miremont analyse avec lucidité les périodes clés qui ont façonné le pays.

la transmission d’un héritage politique

Dans son livre, Auguste Miremont revient sur la figure tutélaire du président Houphouët-Boigny, dont les méthodes de gouvernance ont profondément influencé ses successeurs. Selon lui, le président Alassane Ouattara incarne celui qui a le plus intégré la philosophie de son aîné : une combinaison de patience, d’écoute et de réactivité. « Le Président Ouattara a le plus appris du Président Houphouët-Boigny, notamment son doigté politique et sa capacité à temporiser avant d’agir », confie-t-il.

un modèle de stabilité et de vision

Pour Auguste Miremont, l’ère Houphouët-Boigny (1960-1993) a marqué l’apogée de la Côte d’Ivoire en tant que modèle régional. « Le pays était respecté, stable et capable d’accueillir ceux qui fuyaient les crises ailleurs. Cette image s’est érodée avec les crises politiques des années 2000 », explique-t-il. Les violences post-électorales, les coups d’État et les conflits internes ont profondément affecté sa vision d’une Côte d’Ivoire unie et prospère.

les crises qui ont éprouvé la nation

Parmi les moments les plus douloureux pour lui, Auguste Miremont cite sans hésiter le coup d’État de 1999 contre le président Bédié. « Voir le pays basculer de cette manière m’a profondément peiné. La mort de Robert Guéï et du ministre Émile Boga Doudou, que j’ai côtoyés, a confirmé cette descente aux enfers », se souvient-il avec émotion. Ces événements ont symbolisé l’effondrement de l’héritage politique construit sous Houphouët-Boigny.

des relations marquées par le respect

Auguste Miremont évoque ses liens avec les différents présidents ivoiriens, soulignant des rapports toujours empreints de respect. Avec Houphouët-Boigny, il était ministre de la Communication et directeur de Fraternité Matin, le journal officiel du régime. « Il m’appelait ‘De Miremont’, un titre qui reflétait son respect pour mon engagement », raconte-t-il avec une pointe d’humour.

Avec le président Bédié, il présidait le groupe parlementaire du Pdci, tandis que ses relations avec Gbagbo étaient teintées d’amitié et de collaborations ponctuelles, notamment lors de négociations pour un gouvernement d’union nationale. Quant à Ouattara, il souligne une relation de confiance et de loyauté, forgée dès son mandat de Premier ministre (1990-1993).

ouattara, héritier et modernisateur

Auguste Miremont reconnaît les qualités de leadership du président Ouattara, tout en pointant certaines différences avec son mentor. « Sous Houphouët-Boigny, Ouattara était d’une fermeté implacable. Aujourd’hui, il fait preuve de plus de clémence, une évolution naturelle avec l’âge et l’expérience », analyse-t-il.

Il salue également son courage face aux défis économiques et sociaux, notamment la maîtrise des normes internationales et les investissements dans les infrastructures. « Les routes, hôpitaux et universités construits ces dernières années témoignent d’une dynamique positive. Daloa, par exemple, arbore désormais un boulevard digne des grandes métropoles », s’enthousiasme-t-il.

les défis persistants de la côte d’ivoire

Malgré ces avancées, Auguste Miremont reste lucide. Il reconnaît les inégalités sociales et la cherté de la vie, tout en soulignant les efforts du gouvernement pour y remédier. « Les filets sociaux, l’École de la deuxième chance et les programmes de formation professionnelle sont des initiatives louables », estime-t-il. Pour lui, ces mesures visent à atténuer les effets d’une croissance économique encore inégale.

l’avenir de la côte d’ivoire sous ouattara

Interrogé sur l’après-Ouattara, Auguste Miremont préfère rester prudent. « Il tient encore bien la barre et n’a pas montré de signe de départ. Son nouveau mandat est à peine entamé, il faut lui laisser le temps de le mener à terme », déclare-t-il. Il insiste sur la nécessité de poursuivre les réformes tout en consolidant la paix sociale.

Son livre, « Auguste Miremont, d’Houphouët à Ouattara, en toute liberté… », n’est pas un simple récit autobiographique. C’est un témoignage sur la résilience d’un pays, une invitation à réfléchir sur les choix politiques qui ont façonné la Côte d’Ivoire contemporaine.