Algérie et Tchad scellent un partenariat énergétique clé à N’Djamena

Les ministres de l’Énergie des deux pays ont officialisé, ce jeudi à Alger, un accord historique pour l’édification d’une centrale électrique de 40 mégawatts à N’Djamena. Ce projet symbolise l’engagement mutuel en faveur d’une coopération renforcée entre l’Algérie et le Tchad, dans la lignée des orientations stratégiques des plus hautes autorités des deux nations.

Une vision concrète pour l’énergie et les énergies renouvelables

La signature de cet accord marque l’aboutissement d’échanges approfondis entre Mourad Adjal, ministre algérien de l’Énergie et des Énergies renouvelables, et Passalé Kanabé Marcelin, son homologue tchadien. Lors de cette rencontre, les deux responsables ont exploré des pistes pour consolider leur partenariat dans les secteurs de l’énergie et des énergies renouvelables. L’objectif ? Développer des projets concrets couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur électrique : production, transport, distribution, fourniture d’équipements, et même formation des acteurs locaux. Cette démarche s’inscrit dans une logique de coopération Sud-Sud, visant à renforcer l’autonomie énergétique du Tchad tout en créant des synergies durables.

Adjal a révélé que les études techniques nécessaires à la réalisation de la centrale ont été finalisées après une mission technique du groupe Sonelgaz au Tchad. Les préparatifs sont désormais en phase avancée : les équipements sont prêts à être livrés, et la première pierre du projet devrait être posée sous peu. Par ailleurs, des équipes tchadiennes se rendront prochainement en Algérie pour une formation d’un mois dans les écoles de Sonelgaz. Leur rôle ? Assurer l’exploitation future de la centrale dès sa mise en service. Ce projet s’accompagne également d’un volet de réhabilitation du réseau électrique de N’Djamena, renforçant ainsi l’impact global de l’initiative.

Le Tchad mise sur l’expertise algérienne pour son développement énergétique

De son côté, Marcelin a salué cet accord comme une étape majeure dans les relations algéro-tchadiennes et un jalon significatif pour la coopération Sud-Sud. Il a rappelé que les fondations de ce partenariat avaient été posées lors de la visite officielle du président tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, en Algérie en avril dernier. Il a exprimé sa reconnaissance envers le président algérien pour son soutien indéfectible au Tchad, soulignant que l’Algérie s’est imposée comme une « véritable référence » en Afrique dans le domaine de l’électricité. Selon lui, ce projet permettra au Tchad de bénéficier pleinement du savoir-faire algérien, déjà reconnu à l’échelle continentale. À ce jour, 12 stagiaires tchadiens suivent une formation en Algérie pour maîtriser l’exploitation des centrales électriques, avec d’autres promotions prévues dans les mois à venir.

Une centrale 100 % algérienne pour un partenariat gagnant-gagnant

Yazid Djellouli, PDG de Sonelgaz International, a précisé que cette centrale sera « algérienne à cent pour cent », que ce soit en termes de conception, d’équipements ou de main-d’œuvre. Les autorités tchadiennes sont désormais mobilisées pour aménager le site destiné à accueillir l’infrastructure, tandis que les équipements sont en cours de transfert. Les travaux de construction devraient démarrer prochainement. Djellouli a également indiqué que Sonelgaz International ambitionne de s’étendre davantage en Afrique, une ambition déjà concrétisée par plusieurs demandes émanant de pays africains pour des projets similaires dans les domaines de l’énergie et des infrastructures associées depuis la création de la société en mars dernier.

Saleh Ben Haliki, directeur général de la Tchadienne d’Électricité (TchadElec), a salué ce projet comme l’un des premiers résultats tangibles des « nouvelles relations » entre l’Algérie et le Tchad dans le secteur énergétique. Il a mis en avant la volonté du Tchad de s’appuyer sur l’expertise algérienne, déjà reconnue comme une référence incontournable en matière de couverture électrique en Afrique.