Le tribunal correctionnel de Dakar a une nouvelle fois ajourné le délibéré dans l’affaire de la signature falsifiée d’Ousmane Sonko, cette fois jusqu’au 23 juillet 2026. Khardiata Tandian, incarcérée depuis plus d’un an, reste ainsi derrière les barreaux malgré la demande de sa défense pour une mise en liberté provisoire.
Un second report pour entendre un témoin clé absent
Cette décision fait suite à un nouveau renvoi, le deuxième depuis le début de la procédure. La juridiction a justifié ce délai supplémentaire par la nécessité de faire comparaître Chérif Zeyni Abidin Sy, présenté comme complice présumé dans ce dossier. Son absence lors des précédentes audiences avait déjà contraint les juges à reporter le prononcé du verdict.
Le tribunal souhaite désormais disposer de tous les éléments avant de statuer définitivement. La présence du second mis en cause est jugée indispensable pour garantir l’équité de la procédure et éviter toute partialité.
La défense plaide pour une libération, le parquet s’y oppose
Lors de cette audience, l’avocat de Khardiata Tandian a sollicité sa mise en liberté provisoire. Plusieurs arguments ont été avancés pour étayer cette requête :
- La durée déjà écoulée en détention, estimée suffisante pour couvrir une éventuelle peine ;
- L’absence de risque de pression sur les témoins, aucun élément ne suggérant une tentative de subornation ;
- La dégradation de sa situation familiale et sociale, Khardiata Tandian étant une mère de famille ;
- Le fait que tous les procès-verbaux aient déjà été versés au dossier, limitant ainsi les risques de dénaturation des faits.
Cependant, le ministère public a fermement rejeté cette demande. Le procureur a évoqué un risque de trouble à l’ordre public en cas de libération, estimant que Khardiata Tandian ne présentait pas de garanties suffisantes pour assurer sa présence jusqu’à la fin de la procédure.
Une détention prolongée aux conséquences familiales lourdes
La défense a insisté sur l’impact humain de cette incarcération prolongée. Khardiata Tandian, détenue depuis plus de douze mois, voit sa situation se dégrader, tant sur le plan personnel que familial. Son avocat a souligné les répercussions de plus en plus lourdes sur sa vie quotidienne, notamment en tant que mère de famille.
Malgré ces arguments, le tribunal a maintenu sa décision de rejet, privilégiant les craintes du parquet concernant la représentation future de la prévenue.
Une procédure suspendue jusqu’au 23 juillet
Le sort de Khardiata Tandian et le dénouement de cette affaire restent donc suspendus à la comparution de Chérif Zeyni Abidin Sy. Tant que ce dernier ne sera pas entendu, le tribunal ne pourra pas rendre sa décision définitive. En attendant, la prévenue reste incarcérée, son avenir judiciaire toujours en suspens.