Accord historique entre le Nigeria et le Cameroun pour sécuriser leur frontière
Le Nigeria et le Cameroun ont scellé, dans la capitale camerounaise, un accord militaire inédit visant à consolider la protection de leur frontière sud commune. Ce traité prévoit une intensification des missions conjointes, une mutualisation des données stratégiques ainsi qu’un renforcement des échanges dans les domaines de la formation des troupes et de l’industrie de l’armement.
- Sécurité

Un mémorandum d’entente d’une portée majeure a été paraphé à Yaoundé par le général nigérian Christopher Gwabin Musa (en retraite) et Joseph Beti Assomo, ministre délégué à la Présidence en charge de la Défense au Cameroun. Cet accord intervient après deux jours d’intenses négociations réunissant experts militaires et responsables sécuritaires des deux nations.
Le document adopté établit un cadre stratégique actualisé pour contrer les menaces pesant sur les territoires terrestres et maritimes partagés. Parmi les mesures phares figurent l’optimisation de la coordination des interventions, le partage accéléré des renseignements, l’appui logistique mutualisé, les entraînements militaires communs ainsi que les échanges de personnel. Les deux gouvernements se sont également engagés à perfectionner leurs dispositifs de réaction face aux risques sécuritaires récurrents.
À l’issue de la cérémonie, le général Musa a souligné que cet accord « offre désormais un socle structurant pour les opérations militaires bilatérales » et renforce l’institutionnalisation de leur collaboration face aux enjeux sécuritaires communs. Les discussions ont également mis en lumière la Force opérationnelle conjointe maritime récemment mise en place. Les dirigeants des deux pays ont insisté sur la nécessité de rendre pleinement fonctionnelle cette entité, perçue comme un levier essentiel pour sécuriser le golfe de Guinée et sauvegarder les intérêts économiques et stratégiques de la sous-région.
La coopération industrielle dans le secteur de la défense a occupé une place centrale lors des échanges. Le représentant nigérian a réaffirmé la détermination de son pays à bâtir des partenariats innovants dans les technologies militaires et l’industrie de l’armement. Il a pointé du doigt « la dépendance persistante des armées africaines vis-à-vis des importations d’équipements, un frein majeur à l’autonomie stratégique du continent ». Il a plaidé pour une intensification de la coopération régionale en matière de fabrication locale et de transfert de savoir-faire.
Le général Musa a détaillé les atouts de la Defence Industries Corporation of Nigeria, insistant sur la volonté de son pays de s’engager dans des projets communs portant sur la production d’équipements militaires, l’innovation technologique, la recherche-développement et le renforcement des compétences. De son côté, Joseph Beti Assomo a exprimé l’intérêt du Cameroun pour un approfondissement des échanges dans les domaines de l’innovation et des technologies de défense. Il a annoncé qu’un cadre opérationnel était en cours de finalisation pour concrétiser les futurs projets bilatéraux dans ce secteur.